Tourisme solidaire chez les indiens quechuas d’Amazonie

Ce soir, la communauté organise une réunion. A l’ordre du jour, l’anniversaire de la fondation de Shiripuno, le 6 décembre. A la majorité absolue, un jour de semaine est choisi pour la célébration. Une occasion de boire quelques bières et de ne pas aller travailler de trois jours. Car ici, on ne fait pas la fête à moitié !

Tourisme solidaire chez les indiens quechuas d’AmazonieRégulièrement, des touristes, seuls ou via une agence, visitent le village. Les femmes revêtent alors leur plus beau costume – maquicotona pour les épouses, patcha pour les célibataires – pour des démonstrations de danses locales. Pour l’occasion, elles fabriquent la chicha, un alcool fermenté à base de yucca. A présent, elles n’utilisent plus leur salive pour activer ce processus naturel. Elles vivent aussi de la fabrication de colliers à base de graines de plantes locales, regroupés dans une hutte destinée à l’artisanat. Bientôt, un professeur leur enseignera le tricot, pour diversifier leur activité.

Dans les environs, beaucoup de balades sont accessibles avec un guide. Une opportunité rêvée pour Johnny, Eddy et surtout Théo, le chef de la tribu, qui possède aussi une petite agence à Misahualli. Ils guident touristes et volontaires dans la selva, ou pour des excursions en pirogue. Une manière pour eux, de recevoir, comme leurs épouses, un salaire. Touristes et volontaires sont donc invités à découvrir, autour de Shiripuno, une ferme aux papillons, la cascade de Latas, le séquoia géant, les cavernes de Jumandi et diverses marches guidées dans la forêt, de jour et de nuit. L’Amazoonico, un centre de sauvegarde des animaux maltraités ou victimes de trafic, au milieu de la selva, est accessible en pirogue.

Cependant, ce qui attire surtout les visiteurs, c’est le chaman, et plus spécialement l’ayahuasca, un breuvage à base de lianes qui assure un délire mystique à son consommateur. Pour Cyril et Laurent, spécialement attirés par la défonce, c’est un simple défi. « On va affronter un serpent et un puma », s’enthousiasment-ils. Pourtant, Théo rappelle que « l’ayahuasca ne doit pas se prendre comme une drogue, même si elle en est une ». Pour nos stagiaires de Quito, ce ne sera finalement qu’une grosse frousse mais l’ayahuasca a parfois de lourdes conséquences pour celui qui le prend à la légère…

 

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