Tourisme solidaire chez les indiens quechuas d’Amazonie

La région de Misahualli comprend trente-deux communautés quechuas. Shiripuno est un projet pilote ayant pour objectif de valoriser la culture indigène.

Tourisme solidaire chez les indiens quechuas d’Amazonie« Les indigènes ont été méprisés des siècles durant en Equateur, et le sont toujours dans certaines villes. Présenter leurs traditions ancestrales aux touristes les rend fiers de leur culture », explique Théo, le chef de la communauté.

L’exemple de Shiripuno montre l’urgence de la sauvegarde des traditions en Equateur, un pays en plein développement, où le modernisme fait rage. « Du coup, les Equatoriens rejettent la tradition. Il faut éduquer la population à la consommation afin d’éviter les problèmes de pollution à laquelle d’autres pays ont été confrontés avant nous », poursuit l’indigène. « On leur fait comprendre que la consommation n’apporte rien. Couper un arbre leur rapportera une seule fois de l’argent. Organiser des excursions pour montrer à tous notre séquoia millénaire, leur rapportera dix fois cette somme, et beaucoup de fierté », insiste-t-il.

A Shiripuno, tout se partage. A commencer par les cultures du village : guayusa (une sorte de café sucré), maracujas (fruits de la passion), yucca (manioc) et bananes plantains sont répartis selon la taille de la famille. Au milieu du restaurant communautaire, Soledad donne le sein à Sanni. Marina s’active à couper du yucca dans les plantations. Mercedes le porte sur sa tête aux cochons. La vie des femmes est rythmée par les tâches domestiques, les travaux d’agriculture, l’artisanat et… l’allaitement. Car ici les enfants tètent le sein jusqu’à trois ans ! Et les femmes sont plutôt fertiles : trois enfants aujourd’hui pour les plus jeunes, et jusqu’à seize il y a vingt ans !

Tourisme solidaire chez les indiens quechuas d’AmazonieAnne et Gauthier s’activent pour préparer le repas du midi : des maïto de tilapia. La journée, ils participent à la vie quotidienne de l’association de femmes, prennent part aux travaux d’agriculture, et donnent des cours d’anglais et d’informatique à l’école du village. Ils doivent aussi participer aux mingas, ou travail communautaire. Dimanche, ils devront couper les herbes du terrain de foot à la machette avec tous les habitants. Ceux qui ne s’y rendent pas reçoivent une amende.

 

En page suivante : Chez les indiens quechuas d’Amazonie : c’est la fête au village !

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