Les safaris, un business entre tourisme et chasse

lion crédit photo Donatien Lemaitre

Et le reste de la dépouille de ces animaux est-elle exploitée ?

Les os de lions partent souvent en Asie ; c’est légal. Par contre, l’Afrique du Sud est confronté à un gros problème de braconnage, notamment sur les rhinocéros.  Il est aujourd’hui illégal de vendre de la corne de rhino, ce qui n’empêche pas des propriétaires d’élever ces animaux, et de couper les cornes suffisamment haut pour ne pas les tuer. Ils les stockent ensuite dans des banques en espérant que le commerce de la corne de rhino devienne possible.

 

 

singe crédit photo Donatien LemaitreCertaines des terres des réserves privées vont être restituées aux populations noires qui en avaient été dépossédées lors de l’Apartheid. Cela va-t-il changer quelque chose pour le « business des safaris » ?

Sous l’Apartheid, les Blancs ont été soutenus par le gouvernement et se sont constitués des propriétés  de plusieurs milliers d’hectares dans les années 50-60 en expulsant les populations noires de leurs terres. Ces dernières ont été déplacées en périphérie tandis que les Blancs ont pu développer leurs activités touristiques… A la fin de l’Apartheid, Mandela  a donné la possibilité aux Noirs de réclamer leurs terres entre 1994 et 1998, c’est ce qu’on appelait les « land claims ».  Au cours de ces procédures, qui prennent des années, certains propriétaires peuvent décider de donner une somme d’argent à la communauté noire afin que celle-ci renonce à ses droits de propriétés. La logique voudrait que ses membres récupèrent leurs terres et le business qui va avec, mais l’Afrique du Sud est un peu frileuse sur cette problématique, notamment à cause de ce qu’il s’est passé au Zimbabwe. Les fermiers blancs ont été chassés par Mugabe et bon nombre des exploitations ont fait faillite. L’Afrique du Sud tente donc de développer un modèle intermédiaire. Prenons l’exemple de la réserve privée de luxe Mala Mala où ils viennent de signer un accord : les propriétaires blancs et la communauté noire vont la cogérer ensemble et au bout de 25 ans les Blancs devront partir. Les communauté noire souhaite grâce aux recettes générés par la réserve développer les services publiques manquants comme l’accès à l’eau, des écoles, des formations aux jeunes pour qu’ils Donatien Lemaitretravaillent eux aussi dans le business des safaris. C’est prometteur mais ce n’est que le début. C’est l’un des premiers cas où les Noirs récupèrent les terres et deviennent gérants. Le gouvernement  souhaite qu’un tiers des réserves privées soit d’ici dix ans ainsi restitué. Même si cet objectif aura du mal à être tenu, on peut dire qu’un certain nombre de réserves privées pourra être géré de cette manière.

 « Le business des safaris » est à voir ce soir dès 20h45 sur France 2 dans Envoyé spécial

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.