La guerre du quinoa a commencé

Depuis 2006, le prix du quinoa a triplé.

Le quinoa est produit dans d’autres pays andins et commence même à être planté aux États-Unis, au Canada et au Brésil. La Bolivie reste cependant le premier exportateur mondial, et connaît une rapide expansion des terres cultivées. Cette situation conduit à une inversion des flux migratoires, avec un retour vers l’altiplano des paysans qui avaient abandonné leurs terres pour gagner les villes.

Dans la région limitrophe entre les départements de Potosí et d’Oruro, la fièvre du quinoa est venue raviver un conflit centenaire concernant une zone de 250 km2, apte à la culture de quinoa et également riche en uranium.

Alors que la récolte approche, les producteurs sont parvenus à une trêve fragile, mais les tensions persistent et pourraient faire éclater de nouveaux affrontements à tout instant.

Vers une désertification de l’altiplano ?

Cette guerre territoriale n’est pas la seule conséquence de l’essor que connaît la production de quinoa. Certains spécialistes estiment que le déplacement des frontières agricoles pourrait aussi conduire à une désertification massive des haut-plateaux boliviens.

L’ingénieur agronome Vladimir Orsag, de l’université supérieure de San Andrés, explique que les sols où le quinoa est semé sont composés à 80 % de sable et soumis à des conditions climatiques extrêmes les rendant vulnérables à l’érosion.

Il s’inquiète aussi de certaines pratiques: « Avec l’augmentation des prix sur le marché international, il y a des producteurs qui abandonnent les techniques traditionnelles et réduisent les périodes de repos de la terre, privilégiant l’agriculture intensive ».

Selon le spécialiste, l’épuisement des sols risque d’amplifier les conflits existants. Une situation d’autant plus inquiétante que la plus grande partie des profits générés par le quinoa concerne la vente et l’exportation, les producteurs gagnant en moyenne 1,60 dollars par kilo.

 

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