L’importance de choisir un hébergeur web écologique

Même s’il est impalpable, Internet génère une pollution qui elle est bien réelle. En France, le numérique consomme 3% de l’énergie finale¹, un chiffre qui augmente chaque année.

Supprimer ses mails, fermer les onglets inactifs, mettre son ordinateur en veille… Nombreux sont les gestes simples qui participent à réduire son empreinte au quotidien. Et si vous possédez un site internet, vous pouvez aussi souscrire à un hébergement web écologique.

Pourquoi les hébergeurs web sont-ils polluants ?

2 raisons principales expliquent l’impact des hébergeurs web sur l’environnement :

  • Les serveurs stockés dans les centres de données sont énergivores, ils tournent à plein régime et doivent être alimentés en permanence.
  • Les datacenters nécessitent une climatisation intensive afin de réguler la température des infrastructures. Cette énergie produite libère en masse du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Quels sont les engagements d’un hébergeur écologique ?

Face à ces défis énergétiques, des compagnies d’hébergement web opèrent un virage éco-responsable. Elles enclenchent des solutions concrètes, durables et respectueuses de l’environnement afin que l’usager final puisse limiter son empreinte numérique.

Un hébergeur “green” s’engage à plusieurs niveaux, voici les actions qu’il peut mener de front :

Exploiter des énergies vertes

Pour réduire son empreinte, l’hébergeur vert exploite des sources alternatives d’énergie, propres et renouvelables. Les infrastructures sont alimentées par une énergie produite de manière naturelle, comme le soleil (les panneaux photovoltaïques), le vent (les éoliennes) et l’eau (les barrages hydroélectriques).

La production de cette énergie ne nécessite pas d’énergie fossile comme le charbon ou le pétrole, leur exploitation possède donc un faible impact environnemental.

Limiter la climatisation

Le refroidissement des machines représente la moitié des énergies produites. Pour pallier ce problème, l’hébergeur peut s’équiper de serveurs moins sensibles à la chaleur. En parallèle, ces serveurs ne sont pas refroidis avec une pompe à chaleur, mais avec de l’air extérieur filtré ou un système de climatisation par évaporation d’eau.

Il est également possible de construire un centre de données près d’un fleuve et d’utiliser l’eau comme liquide de refroidissement. Ou, solution plus radicale, d’installer les datacenters dans des régions proches du cercle polaire, comme en Finlande ou en Norvège, pour tirer parti d’un climat naturellement froid tout au long de l’année.

Rallonger le cycle de vie des serveurs

Un hébergeur standard remplace ses machines en moyenne tous les 3 ans, tandis qu’un hébergeur éco-responsable leur offre un deuxième voire un troisième cycle de vie, en réduisant progressivement leur charge. Il exploite ainsi au maximum ses capacités et évite la pollution liée à la destruction et à la production des serveurs.

Malgré cet effort de recyclage, les machines doivent bien être remplacées un jour. L’hébergeur se tourne alors en priorité vers du matériel homologué Energy Star, plus durable et moins énergivore. Les plans d’hébergement virtualisés, moins gourmands en énergie, sont également privilégiés.

Compenser les émissions de CO2

Une compagnie d’hébergement internet peut s’engager à compenser le CO2 produit par les serveurs, les sites web hébergés ainsi que l’activité des collaborateurs. Cela signifie que pour chaque unité d’énergie générée, l’hébergeur paye la production de la quantité équivalente (ou supérieure) en énergie renouvelable.

S’engager dans une démarche globale

Les initiatives éthiques et éco-responsables ne sont pas réservées aux centres de données, elles se retrouvent dans les locaux de la compagnie. L’hébergeur peut par exemple proposer un plan de mobilité douce, verser un pourcentage de son chiffre d’affaires à des associations œuvrant pour l’environnement, favoriser la dématérialisation, privilégier les partenaires locaux et recycler tous les déchets.

Choisir un plan d’hébergement vraiment vert

Les hébergeurs web écologiques proposent des plans aussi variés (serveurs mutualisés, VPS, Cloud, dédiés…) et qualitatifs que les hébergeurs standards. De plus, dans la mesure où ce marché s’est développé ces dernières années, les prix deviennent plus compétitifs et s’alignent avec les tarifs des hébergeurs classiques.

Cependant, beaucoup de compagnies surfent sur la vague du “green”, mais peu appliquent une politique réellement éco-responsable. En Europe, les normes ISO 14001 et ISO 50001 constituent par exemple des indicateurs fiables pour vérifier les engagements pris en ce qui concerne l’énergie verte.

Source

¹https://ree.developpement-durable.gouv.fr/themes/pressions-exercees-par-les-modes-de-production-et-de-consommation/prelevements-de-ressources-naturelles/energie/article/numerique-et-consommation-energetique

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.