L’eau minérale naturelle, prochaine cible du réchauffement climatique ?

Le changement climatique risque d’influencer la quantité et non la qualité des eaux minérales

EauLa ressource en eau n’est pas infinie. Selon le Bureau de Recherche Géologiques et Minières, 30 à 40 milliards de m3 sont puisés par an dans les nappes souterraines. « Nous veillons, de manière très stricte, à ne pas prélever plus d’eau que le volume d’infiltration», souligne Patrick Lachassagne, également responsable environnement et ressources en eau pour Danone Eaux France. La quantité : l’enjeu de demain puisque le changement climatique influence non seulement la pluie, mais aussi la végétation. « Les floraisons débutent plus tôt, l’automne arrive plus tard et les pluies peuvent tomber en été alors que l’évaporation est forte en cette saison », énumère l’hydrogéologue. La nature pourrait donc consommer davantage d’eau, au détriment de l’alimentation des eaux minérales. Chez Evian, les chercheurs modélisent les sources afin de mieux les comprendre et d’évaluer les éventuels impacts futurs du changement climatique – le but étant de conserver la quantité d’eaux nécessaires à nos besoins. La qualité, elle, n’est pas en danger. « Sous le vent des grandes régions industrielles, les pluies peuvent contenir un peu plus de sulfate, ou être plus acides, mais il s’agit là de quelques mg par litre d’eau de pluie », détaille le responsable Danone. « Cette légère pollution, les sols et sous-sols les filtrent eux même », assure-t-il. Caduque donc le traitement chimique, autorisé aux Etats-Unis. L’hydrogéologue poursuit, « les ministres de la Santé européens sont alignés sur le fait que la nature produit très bien l’eau, et n’envisagent pas de revenir dessus ».

Des eaux exploitées sur la base d’essais de longue durée

Eau de montagneD’après une carte de la Chambre syndicale des eaux minérales naturelles, les trois quarts de ces sources proviennent des montagnes. Ces territoires sont parfois surexploités, le tourisme de masse attirant chaque année 50 millions de personnes dans nos massifs. « Nos impluviums ne sont pas situés à proximité des stations », assure Patrick Lachassagne. De plus, des politiques de protection techniques et des partenariats existent afin de les protéger. « Traitement des eaux usées, gestion des déchets, discussion avec les forestiers… Nous travaillons ensemble, avec les élus locaux, à le protection de ces eaux », certifie le responsable Danone. Par exemple, toutes les constructions proches d’un impluvium sont rigoureusement surveillées. « Si jamais un chantier risque d’altérer la qualité de l’eau, qu’il creuse trop en profondeur, il est stoppé« , affirme-t-il. De son côté, le BRGM souligne : les eaux minérales sont exploitées sur la base d’essais de longue durée. Un élément qui permet de statuer sur leur stabilité dans le temps, gage de leur qualité strictement réglementée par un cahier des charges.

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Etudiante en dernière année à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ), Marion est une grande passionnée de sport, voyages et découvertes. Après avoir travaillé en tant que reporter pour radio Africa n°1, Chérie Fm et France Bleu 107.1, elle rejoint Néoplanète. Jeune journaliste, Marion pige également pour Les Nouvelles de Versailles.