Allaitement : A quel sein se vouer?

Pourquoi les Françaises allaitent-elles si peu ? Eléments de réponses.

couverture polémiqueUn problème de formation des professionnels de santé ?

« Il y a plus de femmes qui souhaitent allaiter et qui n’y arrivent pas par manque de compétences des soignants et accompagnants, que de femmes qui sont soi-disant ‘harcelées’ parce qu’elles ne veulent pas allaiter. Elles n’ont pas honte, mais ne sont pas soutenues. » (Elise Haeffelin d’Almafil, site spécialisé dans les questions d’allaitement)

« Je ne suis pas convaincu lorsque j’entends dire que ‘les professionnels ne sont pas bons’. Lors des formations, les sages-femmes sont très volontaires. Le problème majeur, les femmes l’évoquent elles-mêmes : c’est la reprise du travail qui arrive vite. Selon moi, il faudrait instaurer le même système qu’en Suède et permettre aux femmes d’allaiter 4 mois après la naissance. » (Bernard Salle, néonatologue, membre de l’Académie nationale de médecine)

« Les forums de mamans regorgent de SOS et de mésaventures qui prouvent qu’on ne fait rien pour aider les mamans à allaiter en France. » (Marie-Camille Fonteniaud, organisatrice de la 7e Grande Tétée, au Parisien)

« J’ai longtemps travaillé en collaboration avec les maternités et je peux vous dire que ce n’est pas seulement la formation des professionnels de santé qui peut faire évoluer les choses. Le temps manque souvent, il arrive même que les parents attendent que le soignant fasse le choix à leur place. Ce n’est vraiment pas facile ! La formation se généralise maintenant grâce à l’excellent travail des organismes spécialisés, et on peut espérer une meilleure prise en charge des mères allaitantes à la maternité à l’avenir. Les parents ont besoin de rencontrer d’autres parents et d’échanger des petites astuces, du vécu. » (Katia Roth, fondatrice de Féminin maternel.

Le lobby du lait artificiel ?

« L’industrie des laits artificiels est toute puissante, trop peu de professionnels sont formés à accompagner les mamans qui souhaitent allaiter ; le résultat, c’est que beaucoup de femmes qui en auraient envie renoncent ou abandonnent vite… », poursuit Marie-Camille Fonteniaud.

« Les enjeux sont grands et même si les préparations pour bébés ont leur place pour les plus grands, car les mères travaillent et ne tirent pas forcément leur lait au-delà des premiers mois de l’enfant, il y aurait lieu de faire respecter le code de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) concernant la commercialisation des substituts du lait maternel de manière plus sévère en France », ajoute Elise Haeffelin.

Pourtant, une grande marque comme Nestlé se défend de toute incitation commerciale. « Nestlé s’interdit toute communication sur les laits pour nourrissons, de la naissance jusqu’aux six mois de votre bébé », explique-t-on sur le site de la marque. La version canadienne, elle, indique même : « Chez Nestlé, nous vous encourageons à allaiter votre bébé le plus longtemps possible, tout en tenant compte des circonstances particulières de votre vie. »

La reprise du travail pour les mères ?

Allaiter en travaillant ? Ce n’est pas impossible, mais plutôt difficile ! S’il n’existe pas de congé spécifique à l’allaitement, l’article L1225-30 du Code du travail rappelle que « pendant une année à compter du jour de la naissance, la salariée allaitant son enfant dispose à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail. » Saviez-vous aussi que, d’après l’article L1225-32, « tout employeur employant plus de cent salariées peut être mis en demeure d’installer dans son établissement ou à proximité des locaux dédiés à l’allaitement » ? Dernière option pour les mères allaitant, le congé parental d’éducation jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Attention toutefois : ce congé n’est pas rémunéré mais le salarié peut bénéficier, sous certaines conditions, d’un complément de la Caisse d’Allocations Familiales.

 

En page 3 : allaitement et féminisme sont-ils compatibles ?

 

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