On a marché sur les arbres

Les biologistes le savent bien, la forêt tropicale c’est LE temple de la biodiversité, avec sa végétation luxuriante et ses arbres qui culminent à plus de 30m. Et même si elle ne représente que 6% de la planète, elle abrite entre 50 et 80% des espèces animales et végétales qui vivent sur terre.[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2013/04/Decouvrir-les-cimes-tropicales-sans-perturber-l-ecosysteme-124159501.mp3|titles=Decouvrir-les-cimes-tropicales-sans-perturber-l-ecosysteme-]

Canopy-Trail31-537x358Pourtant, il y a énormément d’espèces que l’on ne connait pas encore puisque l’on a à peine exploré 1% de la surface totale de ces forêts ! Le problème est que certaines forêts risquent de disparaître avant même que les chercheurs aient pu les découvrir. Pareil pour les espèces inconnues qui pourraient bien s’éteindre avant qu’on ait pu les apercevoir.

Un accès difficile

C’est l’accès à la forêt presque impossible qui freine les chercheurs et les aventuriers en tout genre. Difficile d’observer et d’analyser cette nature aussi fragile, sans l’abimer. C’est justement ce sur quoi s’est penchée Yvonne Weng, une étudiante de l’école d’architecte de Londres. Un article du Parisien Magazine explique qu’elle a eu l’idée d’installer sur les cimes des arbres, des structures ressemblant à de gigantesques toiles d’araignées, toutes reliées entre elle par des passerelles. Bientôt, les scientifiques (et pourquoi pas, un jour, les touristes), pourront se balader d’une structure à une autre. Grâce à ces installations il est maintenant possible d’étudier la canopée, la partie la plus riche de la forêt.

Le projet est bien ficelé : l’étudiante a même prévu de développer un système de capsule accrochée au centre des toiles qui ferait office d’ascenseur pour pouvoir descendre dans la forêt et étudier ses différents « étages ». L’idée ne date pas d’hier. Elle est née dans l’esprit du botaniste français Francis Hallé qui en 1982 voulait développer un dispositif technique proche de celui-ci. Mais il s’est heurté à trop de contraintes pour mener jusqu’au bout son projet.

Et l’écosystème dans tout ça?

L’avantage de ces installations c’est qu’elles ont très peu d’impact sur l’environnement. L’idée est d’offrir aux chercheurs un terrain d’observation qui ne soit pas éprouvant physiquement mais qui ne perturbe pas la vie de la forêt pour autant. Et comme le dit joliment Gilles Ebersolt, un grand architecte français, « Quand on fait de l’observation, il vaut mieux être une abeille qu’un gros mammouth! ».

Cette chronique « Environnement » a été diffusée lundi 22 avril avril 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.