Le jour où la Terre s’arrêtera

Madison Guy La nature n’est plus capable de se régénérer assez rapidement pour effacer notre impact. C’est le verdict annoncé ce mardi par l’ONG canadienne, Global Footprint Network (GFN), chargée d’évaluer notre capital écologique. Et cette année « l’Earth Overshoot Day » ou le rapport du « jour du dépassement planétaire » est fort pessimiste. En 232 jours, l’humanité a rejeté une grande quantité de CO2, a intensifié son exploitation des milieux naturels et a dégradé ses ressources d’eau.

En fait, « l’humanité vit au-dessus de ses moyens», affirme le Global Footprint Network. Ce qui fait qu’au total, 80% de la population mondiale vit dans un pays qui exploite plus de ressources que ce qu’il n’en possède.

Calculé en fonction de la quantité des ressources naturelles de chaque pays et de la consommation réelle de sa population, l’indicateur détermine la « dette » par hectare et par habitant (hag/hab).

 Un record toujours plus rapide

Bien plus inquiétant, les ressources sont épuisées de plus en plus rapidement. La première alerte relevée par GFN date de 1970, la seconde du 8 novembre 1980, la suivant du 8 octobre 2000 et le dernier du 7 septembre 2009.

En réalité, « le seuil critique a été atteint depuis environ trente ans et la consommation des hommes dépasse désormais ce que la nature est en capacité de lui fournir en termes de recyclage de CO2 libéré et de production de nouvelles matières premières ».

 PrintTOP 5 des « endettés écologiques » :

Grâce à l’indicateur il est possible d’établir un top 5 des pays les plus endettés :

7,1 Japon seraient nécessaires pour nourrir la population du pays.

5,7 Qatar seraient nécessaires pour nourrir la population du pays.

4,2 Suisse seraient nécessaires pour nourrir la population du pays.

4,0 Italie seraient nécessaires pour nourrir la population du pays.

La France arrive en dixième position avec une supérficie nécessaire de 1,6 fois son territoire.

 Peut-on éviter ce scénario catastrophe ?

Comment fera-t-on pour nourrir les populations futures alors même que l’ONU prévoit 9,1 milliards d’individus d’ici 2050 ? Aurons-nous alors atteint le point de non retour ? Un scénario catastrophe qui pourrait être évité selon la journaliste Marie Monique Robin qui affirme qu’avec une meilleure gérance des ressources naturelles et une culture plus naturelle, la planète pourrait nourrir 15 milliards d’habitants (voir « Les Moissons du Futur », Arte).

Pour l’ONG canadienne, la solution serait d’utiliser de nouvelles technologies, d’améliorer l’aménagement urbain, d’appliquer des réformes fiscales écologiques ou encore de diminuer notre consommation de viande.

Sera-t-il un jour possible d’appliquer ces recommandations, sachant que seul les politiques et les industriels contrôlent nos ressources? Rien n’est moins sûr.

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Après un an passé en Irlande où elle obtient son bac à lauréat, elle revient en France où elle suit une année de lettres modernes à la faculté de Bordeaux. Depuis 2011 elle suit une formation de journaliste à Paris.