Voyage au centre de la mer

Ifremer volcan - net - Ifremer / Victor 6000Une expédition française écume depuis début janvier l’océan Atlantique à la recherche des secrets des fonds marins.

Bien qu’ils représentent 71% de la surface totale du globe, les océans restent encore très méconnus. D’où l’importance de la mission BICOSE (Biodiversité, Interaction, Connectivité, Symbiose en milieu Extrême), qui depuis le 10 janvier explore les fonds marins de la dorsale médio-Atlantique, à mi-chemin entre la Guadeloupe et les îles Canaries. « Les océans sont une source encore très peu exploitée de molécules actives grâce auxquelles on pourrait créer de nouveaux médicaments, tels que des anti-cancéreux faits à base d’éponges », explique Marie-Anne Cambon-Bonavita, microbiologiste à l’Ifremer et chef de mission.

A bord du « Pourquoi pas ? », le navire amiral de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), une trentaine de scientifiques s’affaire nuit et jour pour sonder à l’aide du robot sous-marin Victor 6000 les abords de sites hydrothermaux, ces volcans subaquatiques situés à la jonction des plaques océaniques. Bien qu’il n’y ait pas de lumière, et donc pas de photosynthèse, à 3500 mètres de profondeur et que les volcans émettent en permanence des éléments toxiques à près de 400°C, toute une communauté d’animaux y vit, dont des moules et des crevettes, ainsi que des bactéries et microorganismes qui servent de base à la chaîne alimentaire locale. Il existe d’ailleurs à ces endroits des enzymes qui travaillent à hautes températures et pourraient donc être utilisées pour copier de l’ADN lors de diagnostics médicaux ou de recherche de suspects par empreinte génétique.

Ifremer crevette - net - Ifremer crevette - net - Ifremer / Sylvain VandoolaegheL’expédition arrivera à port le 11 février, pleine de données qui serviront de bases à plusieurs papiers scientifiques visant à nous éclairer sur ce monde si différent du nôtre. « Les grandes profondeurs ne sont pas des abysses obscurs et inhabités. Il y a de la vie parfaitement adaptée à ces milieux extrêmes, et il est important d’y sensibiliser le grand public et de le prendre en compte pour les générations futures », souligne Marie-Anne Cambon-Bonavita.

Vous pouvez suivre la campagne au jour le jour sur http://blogs.ifremer.fr/bicose/

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone

Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.