Chez les plantes aussi la solidarité existe!

ToadstoolsDans le domaine des plantes, comme chez les humains, des élans de solidarité existent bel et bien. Sans discrimination. Parce que l’on vit mieux à plusieurs. Par Jean-Pierre Nicolas

Tout le monde connaît ces plantes qui s’allient pour multiplier leurs bénéfices.

Ainsi, les associations des haricots offrant au maïs l’azote des mycorhizes de ses racines, auxquels s’ajoutent les courges qui offrent leurs larges feuilles pour bénéficier de l’ombre et maintenir l’humidité, contre un soutien éventuel et un peu d’azote. Cette association très américaine, la milpa, est une méthode culturale maya ancestrale reprise en permaculture.

LA SOLIDARITÉ S’ORGANISE EN SOUS-SOL

En forêt, dès qu’un arbre est en manque de minéraux, il fait signe à un champignon. Les grands arbres favorisés par la lumière sécrètent des excédents de sucre à l’extrémité de leurs racines et en font bénéficier les champignons qui sont incapables de les synthétiser. En échange, ceux ci, par leur mycélium abondant, leur apportent les sels minéraux dont l’arbre a besoin et parfois de l’eau s’il en est privé. Mais ces échanges bilatéraux ne s’arrêtent pas là. Profitant de cet immense réseau souterrain, les grands arbres apportent aussi des sucres aux petits arbres privés de lumière, leur permettant ainsi de vivre sous leurs hautes frondaisons.

De même, tous viennent au secours des arbres blessés. Ils nourrissent les souches de ceux qui sont coupés favorisant ainsi les nouvelles pousses. Ils soutiennent aussi les vieilles souches auxquelles il ne reste que quelques branches feuillues.

PAS DE DISCRIMINATIONS

Les échanges se font indifféremment des espèces. Le tilleul donne au petit pin et le bouleau soutient le chêne, assurant une biodiversité forestière indispensable à tous. Aussi, couper un gros arbre excédentaire en sucre, c’est condamner des jeunes porteurs d’avenir.
Pour s’orienter et faire ses choix, dont communiquer, les plantes utilisent des signaux biochimiques et électriques. Pour circuler, ces informations utilisent le formidable réseau de communication symbiotique du mycélium. Cette véritable toile de filaments fongiques, tissée à l’intérieur du sol, est une véritable communauté pour échanger des ressources, veiller aux dangers, prévenir le voisinage, soutenir les plus faibles et soulager les blessés.
Les études scientifiques sur les conversations des plantes nous étonnent toujours. La nature peut encore nous inspirer et nous montrer que les humains n’ont pas l’apanage des liens sociaux, ni des engagements responsables entendus par la solidarité.

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