Vol d’oiseaux rares au Zoo de Doué-La-Fontaine (49)

C’est le but de certains voyages, ces animaux sauvages qui vous fascinent par leur exotisme, c’est également à cause du dépaysement qu’ils procurent que se développent les zoos qui participent à la survie de certaines espèces. Malheureusement, déjà menacé par l’homme dans leur milieu naturel, les animaux ne sont plus en sûreté dans les zoos, celui de Doué-La-Fontaine dans le Maine et Loire nous informe :

Aras Chloroptères
Creative Commons License photo credit: bube09

Pendant la nuit du samedi 7 au dimanche 8 février dernier, des voleurs sont entrés par effraction dans l’enceinte du Zoo de Doué-la-Fontaine (49) et sont repartis avec quatre aras (grands perroquets d’Amérique du Sud) : Deux aras militaires, un ara ararauna et un ara chloroptère. Ces perroquets splendides aux couleurs vives sont des oiseaux très prisés des collectionneurs et leur commerce est très réglementé.

Les perroquets ont visiblement été attrapés et transportés avec une grande maladresse voire, avec une grande violence, puisque l’on a retrouvé des plumes éparpillées sur tout le chemin emprunté par les voleurs pour repartir.

Les voleurs ont aussi brisé les vitres du bâtiment abritant les singes cercopithèques diane de Roloway, vraisemblablement pour voler aussi ces primates extrêmement rares – au bord de l’extinction selon l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) et en annexe 1 de la Convention de Washington (CITES). Heureusement, bien que transis et effrayés, tous les cercopithèques ont été retrouvés dimanche matin par leurs soigneurs.

Singes
Creative Commons License photo credit: Eisenheim.

Si l’ara chloroptère et l’ara ararauna sont encore peu menacés dans la nature (population estimée à 300 000 individus pour chaque espèce), l’ara militaire est classé Vulnérable par l’UICN. Il ne resterait actuellement plus que 30 000 individus dans la nature répartis entre l’Argentine, la Bolivie, la Colombie, l’Equateur le Mexique, le Pérou et le Venezuela.

Le Zoo de Doué-la-Fontaine, abrite actuellement 600 animaux appartenant à 72 espèces animales dont une quarantaine font l’objet d’un Programme d’Elevage Européen (EEP). En 2008, 117 petits sont nés et ont été élevés par leurs parents au total, dont 61 mammifères et 56 oiseaux.

Le trafic d’animaux sauvages :

Après la drogue et les armes, le trafic d’animaux et de végétaux sauvages est considéré comme la troisième source au monde de revenu illicite puisque représentant  15 milliards d’euros environ de chiffre d’affaire annuel (source WWF). Si des milliers d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées de disparition partout dans le monde, ce n’est pas uniquement dû à la dégradation des écosystèmes, mais aussi au commerce illégal. Un traité international a été élaboré afin d’empêcher que ces espèces ne fassent l’objet d’une exploitation non durable du fait du commerce international. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) est entrée en vigueur le 1er juillet 1975 et concerne plus de 30 000 espèces. En s’appuyant sur la CITES, l’Union Européenne a édicté un règlement encore plus strict. Ainsi, les espèces les plus menacées ne peuvent circuler sur le territoire européen qu’avec un permis CITES. Celui-ci vérifie la provenance du spécimen mais aussi les futures conditions d’hébergement et de soin de l’animal. Par ailleurs, la loi française du 14 août 1986 a mis en place une réglementation draconienne concernant la protection animale et imposant des agréments pour les animaleries et les parcs zoologiques, ainsi que des permis d’environnement attribués par les Régions aux détenteurs d’animaux exotiques. Pour finir, le WWF et l’UICN ont créé en 1976, TRAFFIC, un programme commun de veille pour le trafic animal.

Dans la région du Grand Ouest c’est le troisième vol de perroquets ou de primates que l’on peut déplorer en parcs zoologiques ces dernières semaines.

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