Vivre sans Internet, c’est possible !

Une étude Havas Media* l’affirme : près de 20% des Français sont coupés des nouvelles technologies. Si certains le subissent, d’autres le choisissent, par peur d’être épiés ou pour renouer avec la « vraie » vie.

Par Roxane Clément et Delphine Rabasté

 Vivre sans Internet, c’est possible !Qui sont ces non-connectés ?

Différents profils apparaissent : si certains souhaitent préserver leur intimité et redoutent l’effet intrusif du web (ce sont 7,2% des Français ; ils ont entre 35 et 59 ans, sont aisés, actifs ou jeunes retraités), d’autres manquent de moyens (3,8% des Français) ou d’intérêt et de formation, à l’exemple des personnes âgées (4%). Les 3,4% restants (des internautes avertis, âgés entre 25 et 49 ans) se déconnectent volontairement par crainte de passer à côté de la vie réelle, et même parfois de tomber dans l’addiction.

Internet nous coupe-t-il de la réalité ?

Dans l’étude réalisée par son cabinet, Dominique Delport, PDG de Havas Media France, constate que « certains veulent se déconnecter pour ‘réapprivoiser’ leur temps. Ils revendiquent cette position, assument cet anticonformisme, en ont marre de passer leur vie à regarder celle des autres, retrouvent le plaisir de lire, de sortir, de voir des amis réels. » Et de poursuivre : « Ils décident donc de quitter Facebook, Twitter, de limiter leur utilisation internet, avec une consommation très ciblée, une heure par semaine, par exemple, très pragmatique, pour payer ses impôts, effectuer une transaction ou chercher un itinéraire. »

internet maladie addictionL’isolement ? Une crainte légitime d’après le Dr Xavier Laqueille, Chef du service d’addictologie du Centre Hospitalier Sainte-Anne de Paris, qui rappelle que « tout processus d’addiction se caractérise par un évitement, un abandon de la vie sociale. Le côté plus piégeant d’Internet vient du fait qu’on intègre une communauté virtuelle, et que l’on a l’illusion d’une vie sociale. Le trouble est donc plus difficile à déceler, d’autant que l’accès à Internet est facilité partout de nos jours. »

Quand le risque de basculer dans le pathologique intervient-il alors ? Pour le spécialiste, c’est n’est pas la quantité d’Internet « consommé » qui pose problème, mais les conséquences que cela peut avoir sur les activités autres, comme la vie scolaire, sociale ou familiale. Les adolescents, en proie aux incertitudes et en recherche de sensations extrêmes, sont ainsi plus à même de sombrer dans l’addiction. Que faire ? « Trouver la motivation pour s’en sortir et aller consulter », conclut Xavier Laqueille.

 

*daté du 11 septembre 2012

 

En page 2 : des solutions pour se couper d’Internet !

En page 3 : Vivre sans Internet… les journalistes de la rédac’ pourraient-elles se lancer ?

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