Les 1 001 visages de la beauté responsable

www.lucnix.beAttention, il ne s’agit pas là de fustiger une industrie indispensable dans une société qui accorde tant d’importance aux apparences. Indéniablement, la beauté est un atout social, le soin de soi un plaisir qui n’a aucune raison d’être culpabilisant. Souligner un sentiment de féminité est un acte aussi noble que léger. Il s’agit plutôt d’éclairer les différentes réalités que recouvre le développement durable pour cette industrie dont le chiffre d’affaires, en croissance continue depuis 15 ans, a dépassé 110 milliards d’euros dans le monde ! Par Maryelle Allemand (Rise Emerging Culture)

 

Si la question que se posent le plus souvent les gens du marketing est « Qu’est-ce-que veulent les femmes ? », la première réponse est toute trouvée : ne pas s’intoxiquer reste la priorité ! Après les multiples alertes (parabènes dans les crèmes, sulfates dans les shampooings, plomb dans les rouges à lèvres…) le plaisir hédoniste cède la place à l’inquiétude. Nous avons besoin d’être rassurées. Les étiquettes sont le plus souvent indéchiffrables mais on peut aussi s’informer sur des sites internet comme Skin Deep .

 

Certes, le bio et le naturel sont des arguments qui peuvent faire pencher la balance, mais ce sont rarement les seuls. Le dédale des labels (Ecocert, Cosmébio, Nature et progrès, Cosmos, Nature, etc.) reste difficile d’accès, même s’il s’agit de la seule garantie fiable de produits naturels et/ou écologiques, conjuguant durabilité et sensorialité, avec de moindres risques d’allergies.

 

Que dire du courant « do it yourself » qui nous invite à fabriquer nous-mêmes nos produits ? Qui a le temps et l’envie de transformer sa salle de bain en laboratoire ? Alors que les meilleurs labos planchent sur des formulations plaisir et des packagings archi-beaux ? Beaucoup de nouveaux arrivants sur le marché de la cosmétique naturelle l’ont compris avec des actifs de pointe et des packagings design… On retrouve un peu de glamour !

 

Les impacts sociaux de l’industrie cosmétique sur les canons de beauté sont moins directs et plus difficiles à évaluer. Etudes après études, il est clair que la presse et les publicités cosmétiques en particulier n’aident pas vraiment les femmes à se sentir bien. Elles agiraient plutôt comme un effet loupe sur des complexes réels ou inventés, à force de comparaisons avec des modèles inaccessibles. Les professionnels de l’image s’interrogent sur le désir des femmes et jonglent pour trouver la juste représentation. Car leurs clientes adhèrent le plus souvent à un savant équilibre entre un glamour lointain, une beauté aspirationnelle et un réalisme accessible mais magnifié.

 

Le développement durable amène donc de nombreux questionnements. Au fil des initiatives, on commence à voir se dessiner les nouveaux contours d’une beauté responsable au-delà d’une beauté « juste » naturelle. Les métiers de la beauté voudraient concilier séduction et respect. C’est en assumant toutes leurs responsabilités qu’ils pourront (re)nouer une relation de confiance avec les consommatrices.

 

La célèbre formule d’Oscar Wilde « la beauté réside dans l’œil de celui qui regarde » nous renvoie à notre propre part de responsabilité. A nous de cautionner ou non telle ou telle vision de la beauté, et de le faire savoir en interagissant avec les marques via internet… Et bien sûr par nos achats !

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone