En 2050, boirons-nous encore du Bordeaux ?

D’après une étude américaine, l’apogée du vin français toucherait à sa fin aux alentours de 2050. Le réchauffement climatique devrait en effet redistribuer la carte mondiale des régions productrices de vin, permettant par exemple aux pays scandinaves de produire dans les années à venir de meilleures vignes qu’à Bordeaux.

©Pierre-OlivierEt si les grands crus français perdaient en qualité jusqu’au point de se faire distancer par les vins scandinaves ? N’importe quel bordelais n’oserait pas y croire, et pourtant, selon une étude américaine la carte des régions productrices de vin dans le monde pourrait être chamboulée. La principale raison : le réchauffement climatique pousserait la température moyenne de notre planète à augmenter entre un et deux degrés d’ici 2050. Une légère hausse de la température qui pousse les scientifiques à croire en une vaste modification de la carte mondiale des vins.

Les conditions idéales à la culture de la vigne « vont se réduire dans de nombreuses régions traditionnellement productrices de vin, comme la région de Bordeaux ou la vallée du Rhône, ainsi que la Toscane en Italie », explique Lee Hannah, principal auteur de cette étude. « Mais on trouvera de plus en plus d’endroits favorables dans des régions plus au nord, en Amérique du nord et en Europe », poursuit-il. « Quand on a démarré, on pensait que c’était du domaine de la science-fiction, mais maintenant on est assez persuadés que c’est appuyé par des données scientifiques ».

Les meilleurs vins de demain seront-ils Allemand ?

©wikimedia« Certains sont alarmistes, moi je préfère être dans le camps des optimistes. Je ne doute pas qu’il y aura toujours des vignobles dans les régions traditionnelles, mais il faut qu’elles réfléchissent à de nouvelles stratégies », positive Fernando Zamora, chercheur en œnologie. « En Allemagne déjà, on commence à faire des vins élégants dans des endroits où par les passé cela était excessivement difficile », ajoute-t-il.

Changer de graine, une solution ?

Bien que personne ne peut prédire quarante ans à l’avance ce que l’avenir nous fera, certaines solutions s’offrent aux producteurs. L’une d’elle serait de changer de raisin, optant pour une variété plus adaptée à un climat plus chaud. D’après M. Jones, « il existe pour le seul Portugal de 100 à 150 variétés indigènes dont nous ne connaissons rien encore ». Il rajoute d’ailleurs que « celles les plus au sud, dans des endroits véritablement très chauds, possèdent un potentiel génétique pouvant résoudre à l’avenir les problèmes de tolérance à la chaleur ».  Quoiqu’il en soit, les viticulteurs concernés ont encore une trentaine d’années devant eux pour résoudre ce problème…

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Après un passage à Paris-Normandie et au service politique de Nord Éclair, Grégoire Gantois, étudiant en journalisme à l'ISCPA, s'intéresse aujourd'hui à l'actualité écologique et environnementale à Néoplanète.