Un nénuphar nain porté disparu

Nymphaea thermarum - GoogleOh dear ! Un voleur à la main verte s’est emparé d’une des plantes naines de la reine d’Angleterre.

L’un des derniers spécimens du plus petit nénuphar du monde, Nymphaea Thermarum, a été volé jeudi dernier aux Kew Gardens, les jardins botaniques royaux du sud-ouest de Londres.

La plante, aussi appelée « nénuphar pygmée rwandais » et dont les feuilles sont à peine plus grandes qu’une pièce de 1 euro, aurait été arrachée d’un bassin dans une serre dédiée à la Princesse de Galles. Bien que la capitale anglaise soit truffée de caméra de surveillance, aucune n’est pointée sur le bassin contenant une trentaine de ces spécimens extrêmement rares.

Découvert en 1987, le nénuphar a depuis complètement disparu à l’état sauvage suite à la destruction de son habitat naturel et n’existe aujourd’hui qu’à deux endroits, les Kew Gardens et le Botanische Garden de Bonn. Après des années de recherche, une équipe de botanistes aux Kew Gardens était en 2011 parvenue à préserver l’espèce, qui pousse non pas dans l’eau mais dans la vase, à partir des quelques dernières graines en existence !

« Notre équipe se dévoue à la protection des plantes, donc quand ce genre de chose arrive c’est un coup au moral, » admet Richard Barley, le directeur du département horticole des Kew Gardens. « Cette plante n’a pas de prix, et ce n’est pas comme si on pouvait simplement aller en acheter une autre au fleuriste du coin, » ajoute-t-il.

Ce n’est malheureusement pas le premier incident de ce type. Les Kew Gardens se battent en effet depuis des années pour protéger leurs plantes des mains un peu trop curieuses qui fréquentent les lieux.

« Ça arrive tellement souvent que c’est un fléau pour les jardiniers. Il existe d’ailleurs un trafic de plantes volées, et certains collectionneurs sont prêts à tout pour obtenir ce qu’ils veulent, » explique Guy Barter, le conseiller principal de la Royal Horticultural Society.

Pour donner une idée de l’importance du vol de la minuscule plante, ce n’est autre que la police de Scotland Yard qui se charge de l’enquête…

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Eddy Delcher

Après un séjour de sept ans en Angleterre et en Afrique du Sud au cours duquel il obtient un diplôme en journalisme, Eddy revient en France afin de poursuivre ses études. En 2014, il rejoint l'équipe de Néoplanète et contribue régulièrement au CNRS International Magazine ainsi qu'au journal du CNRS depuis 2012.