Yolaine sur LCI :

Que faire face au Zika ?

Le virus Zika, qui sévit actuellement au Brésil, est transmis par le moustique tigre. On compte déjà 1,5 million de personnes touchées dans le pays. La situation est aussi préoccupante sur l’île de Porto Rico où l’infection se propage rapidement, ainsi qu’aux Etats-Unis où 234 femmes enceintes ont été infectées… Alors quels sont les comportements à adopter pour s’en protéger ?
Yolaine de la Bigne était, comme chaque mardi à 19h30, sur LCI pour en parler. Retrouvez la vidéo ci-dessous :

Version écrite de la chronique :

Le virus fait très peur, surtout que les JO de Rio approchent.
Le joueur de golf Rory Mcllroy (numéro 4 mondial) a annoncé qu’il n’y participerait pas le 22 juin, ne souhaitant pas prendre le risque ni pour sa santé ni pour celle de son entourage (ceci intervient après l’annonce d’autres golfeurs de renom refusant aussi de concourir).
Le 25 juin, le sprinter jamaïquain Kemar Bailey-Cole a contracté le virus Zika mais dit que ça ne l’empêchera pas de participer aux sélections des JO.

Zones à risque : Le virus Zika circule dans de nombreux pays, en particulier en Amérique Latine et dans les départements français d’Amérique.

Y a-t-il vraiment de quoi paniquer ?

En général, le virus Zika cause juste une maladie bénigne.
Les symptômes les plus habituels : une fièvre légère ou une éruption cutanée, qui font leur apparition quelques jours après la piqûre par un moustique infecté.
Certaines personnes peuvent présenter une conjonctivite ainsi que des douleurs musculaires et articulaires, et se sentir fatiguées. Les symptômes disparaissent habituellement au bout de deux à sept jours. (OMS)

Le danger du virus : les femmes enceintes.
Particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse, de malformations congénitales et d’autres complications au cours du développement de foetus.

La transmission du virus se fait par piqûre et par voies sexuelles une fois la personne infectée.

Mais pourquoi craint-on que l’épidémie arrive en France et qu’il y ait de plus en plus les moustiques en France ?

Le moustique tigre : un envahisseur venu d’Asie qui se propage chaque année de plus en plus en France.
Sa piqûre peut transmettre le virus Zika mais aussi la dengue ou le chikungunya. Sa couleur zébrée permet de le différencier de nos moustiques habituels. On le retrouve de mai à novembre et il s’adapte parfaitement en ville.
En général, il pique le matin et le soir, avant que la nuit ne tombe, c’est un moustique paresseux qui se déplace lentement et sur une distance maximale de 400m à l’affilé.

Comment est-il arrivé jusqu’à nous ?

Dérèglement climatique : entraîne l’extension des zones où l’insecte prolifère et les hautes températures lui permettent aussi de se reproduire plus vite.
+ La mondialisation des transports permet également aux œufs de se balader dans le monde entier.

La première apparition de cette espèce invasive a eu lieu en 1990 en Italie, puis en 2004 en France. Aujourd’hui, il est installé dans 30 départements du sud de la France, mais il a aussi été repéré dans le Val-de-Marine, près de la région parisienne → nous sommes un des pays européen les plus exposés au risque d’épidémie.
Carte de l’Europe selon les risques ici
Depuis le début du mois de mai, 2 cas de virus Zika importé ont été détectés en Vendée (retour de séjour dans les Antilles)

Comment combattre ces moustiques (et les autres de façon générale) ?

Chacun doit prendre ses précautions, il faut s’adapter au changement climatique dans son comportement :

– mettre des moustiquaires aux fenêtres ;

– éviter de favoriser la prolifération : faire attention à l’eau stagnante dans les pots de fleurs par exemple, ne jamais laisser des soucoupes avec de l’eau… comme on fait déjà dans les îles ;

– porter des vêtements longs et amples à la tombée de la nuit ;

– utiliser de l’insectifuge : ces produits peuvent être appliqués sur la peau ;

– l’huile essentielle d’eucalyptus citronné pourrait également repousser les moustiques mais c’est moins sûr ;

– manger de l’ail, ça sent mauvais, les moustiques n’aiment pas non plus car cela donne un mauvais goût au sang.

Il faut surtout consulter un médecin, le plus rapidement possible si on de la fière, des douleurs ou des boutons en revenant d’une des zones d’épidémie. Existe-t-il un vaccin ?

Plusieurs vaccins sont à l’étude !

1) sur le continent américain depuis la semaine dernière :
Deux laboratoires pharmaceutiques (américain et sud-coréen) ont reçu l’autorisation lundi 20 juin par la Food and Drug Administration américaine.
Testé sur des animaux avec succès, le vaccin, baptisé GLS-5700, sera testé sur 40 volontaires sains.
Les conclusions sont attendues pour fin 2016.
L’essai se poursuivra ensuite sur des personnes infectées si tout est ok.
Puis si les résultats sont bons, il faudra plus de 18 mois avant une utilisation à grande échelle.

2) Un Vaccin en Europe :
Des chercheurs affirment avoir découvert des anticorps pour lutter contre le virus Zika.
de l’Institut Pasteur, du CNRS en collaboration avec l’Imperial College de Londres et l’Université de Vienne.
Travaux publiés dans la revue Nature le 23 juin.
Pour en arriver là, ils ont utilisé des anticorps présents chez des patients infectés par le virus de la dengue.
Double réussite, but : créer un vaccin universel capable de protéger simultanément des deux maladies.

Plus d’espoir ici car le vaccin américain utilise un produit mis au point par les laboratoires alors que les européens travaillent directement avec des anticorps créés par le corps humain, dont on est sûr de leur efficacité… Mais rien de certain tant que les tests ne sont pas faits et d’ailleurs, le vaccin doit encore être mis au point par les chercheurs européens.

Pour info : La dengue dispose déjà d’un vaccin développé par le laboratoire français Sanofi, mais elle est en recrudescence à travers le monde, où près de 400 millions de personnes sont infectées chaque année dans les régions tropicales et subtropicales.
On craint une explosion du l’infection, amplifiée par le virus Zika.

Autre piste : les chauve-souris !

Quel rapport avec les chauves-souris ?

Faire jouer la chaîne alimentaire pour lutter contre le virus !
La chauve-souris est sans doute le meilleur moyen, le plus naturel et le moins cher de s’en protéger. Une seule chauve-souris peut manger jusqu’à 4000 moustiques tigres/ jour.
L’idée d’installer des abris en ville commence à faire son chemin, à Issy-les-Moulineaux par exemple, où l’architecte-paysagiste Régis Guignard vient d’en installer mais surtout la ville de Marmande dans le Lot et Garonne va plus loin avec 100 nichoirs.
Elle espère les attirer à nouveau en ville pour protéger les habitants de tous les virus comme la dengue. Le tout est de leur donner envie de s’approprier des nichoirs, ce qui n’est pas toujours évident.

Les grenouilles aussi !
Les grenouilles se nourrissent d’insectes et de larves de moustiques et permettent donc de réguler la prolifération. Certains pays d’Amérique latine comme le Salvador et l’Argentine les protègent pour lutter contre la prolifération du virus Zika.
Enfin, il y a les poissons zombos qui peuvent aider à lutter contre la prolifération des moustiques en mangeant toutes leurs larves.

Ces idées sont intéressantes pour éviter une explosion budgétaire, car l’Organisation mondiale de la santé demandent plus de 120 millions de dollars pour lutter contre l’épidémie jusqu’en décembre 2017 (détection, prévention, traitement, la recherche).

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Passionnée par le cinéma documentaire et l'environnement, Alexandra a choisi le journalisme par vocation. En grande optimiste et végétarienne convaincue, elle espère un avenir meilleur pour le monde. Chaque petite voix compte... la sienne aidera peut-être à améliorer les choses en donnant les informations nécessaires à la réflexion !