Yolaine sur LCI :

Les robots peuvent-ils sauver la planète ?

Les robots sont de plus en plus évolués, au point que certains scientifiques laissent entendre qu’ils pourraient sauver la planète. Comment ?
Yolaine de la Bigne était, comme chaque mardi à 19h30, sur LCI pour en parler. Retrouvez la vidéo ci-dessous :

Version écrite de la chronique :

– Le BoniRob : Un robot agricole pour désherber sans pesticides !
Imaginé par une start-up allemande : DeepField Robotics.
Ce robot parcourt les champs. Il calcule sa position au centimètre près grâce à un GPS et une télédétection laser. Ensuite, sa caméra et son scanner analysent le sol, en faisant le tri entre les cultures et les mauvaises herbes. Les plants indésirables sont alors écrasés par une tige télescopique. L’élimination est donc très précise et surtout, sans aucun recours aux produits chimiques.
En plus, ce petit robot analyse la culture du champ, afin de dire si les plantes manquent de quelque chose ou ont besoin d’être arrosées.

On parle souvent des plastiques dans la mer, qui est un vrai problème, là encore un robot pourrait nous aider ?

Le Row-Bot : Un robot aquatique capable de digérer les polluants présents dans l’eau !
Imaginé par une équipe de l’université de Bristol au Royaume-Uni, en s’inspirant de la nage des punaises d’eau.
C’est une sorte de petit estomac sur rame (il ne mesure que 20cm sur 10cm environ), qui digère la pollution des mers pour en tirer de l’énergie afin de continuer à ramer, manger, digérer… En fait, à chaque fois qu’il rencontre un polluant organique, il le désintègre grâce à ses bactéries par une opération d’oxydoréduction (une réaction chimique au cours de laquelle se produit un échange d’électrons). Et cela lui permet par la même occasion de produire des charges électriques (elles résultent naturellement de la réaction chimique) qui servent à alimenter son moteur.
L’équipe rêve maintenant de créer des colonies entières de ces robots qui s’auto-propulseraient à travers les eaux de notre planète !

Il y a les robots et puis les fameux drones. Qu’on le veuille ou non et quelque-soit l’éthique de sa mission, le drone va influencer nos vies pour le meilleur et pour le pire. Certains nous angoissent quand ils survolent nos centrales nucléaires mais d’autres pourraient bien résoudre nos problèmes de déforestation.

Un drone planteur d’arbres :
Actuellement, 6,5 milliards d’arbres sont perdus chaque année en raison des activités humaines et des catastrophes naturelles. Lors de la COP21, un engagement a été pris pour restaurer 350 millions d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030, ce qui représenterait environ 300 milliards d’arbres à replanter… Impossible à la main. D’où l’intérêt du drone.
Le drone peut filmer, surveiller, garder, vérifier sans avoir droit à des RTT et sans salaire, qui dit mieux ? Ce drone planteur d’arbres a été inventé par Lauren Fletcher, ancien ingénieur de la Nasa. Il peut voler à deux mètres d’altitude au-dessus des zones déboisées pour analyser la nature de leurs sols et, en fonction de la cartographie, repérer les meilleurs endroits pour reboiser même dans des lieux inaccessibles, en montagne par exemple.
Une fois ce marquage effectué, notre drone revient pour projeter, grâce à un canon à air comprimé, des capsules biodégradables qui contiennent chacune deux graines germées et des nutriments pour les nourrir et leur donner un maximum de chance de s’épanouir.
Plus rentable, c’est difficile : avec son réservoir contenant plus de 300 capsules, le drone planteur en sème une toutes les dix secondes ! Le résultat : il peut planter 36 000 graines en une journée contre 1500 manuellement. Ensuite, le drone reviendra régulièrement surveiller ses plantations et voir s’il faut affiner sa plantation.
La société BioCarbon Engineering qui a conçu ce forestier des temps modernes a reçu de nouveaux investissements (le fabricant de drone Parrot) début mai pour accélérer son développement.
Une fois au point, la start-up affirme pouvoir planter jusqu’à 36 000 arbres par jour pour 15% du prix des méthodes traditionnelles.
Futur proche : La société envisage de planter un milliard d’arbres par an pour le compte de sociétés minières et de grands groupes forestiers (publics ou privés).

On termine avec un robot qui pourrait remplacer les abeilles ?

Le RoboBee :
De la taille d’une pièce de deux euros, ce robot a été mis au point après une dizaine d’années de travail par une équipe de chercheurs de l’université de Harvard.
Principal souci : sa taille puisqu’il a une envergure de 3 cm. Sans compter qu’imiter les mouvements de l’abeille n’est pas si simple !
Mais chose réussie, le robot peut être utilisé dans la recherche, le sauvetage en zones dangereuses, la surveillance militaire… Bref effectuer des travaux aériens particuliers dont ne sont pas capables les avions et hélicoptères, mais aussi et surtout, faire de la pollinisation artificielle → ces insectes artificiels seraient capables de faire fructifier les cultures grâce à un appendice pollinisateur.
Ce robot déjà très innovant (capacité de voler dans les endroits difficiles d’accès, grande stabilité de vol, très discret…) a maintenant un nouveau tour dans son sac : en plus de voler et de nager, celui-ci peut également se poser sur les murs ! Chose très importante pour un robot capable de voler de longues distances car cela utilise environ 1000 fois moins d’énergie que s’il restait en vol stationnaire, donc cela améliore considérablement sa durée de vie opérationnelle.
Pour l’instant, le RoboBee est toujours au stade expérimental, il ne devrait pas voir le jour dans nos campagnes avant une dizaine voire une quinzaine d’années.
Le projet est cependant dans le viseur de Greenpeace depuis son lancement en 2009, car cela pose des questions éthiques et remet en cause le rapport entre l’homme et la nature. On contourne le problème plutôt que de le résoudre.
C’est intéressant car en effet cela note le dilemme du robot, qui est à la fois utile mais peut s’avérer destructeur. Ces technologies sont donc à manier avec discernement, ce qui n’est pas toujours la caractéristique de nos sociétés contemporaines.

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Passionnée par le cinéma documentaire et l'environnement, Alexandra a choisi le journalisme par vocation. En grande optimiste et végétarienne convaincue, elle espère un avenir meilleur pour le monde. Chaque petite voix compte... la sienne aidera peut-être à améliorer les choses en donnant les informations nécessaires à la réflexion !