Science :

Qui s’assemble finit par se ressembler !

Qui s’assemble finit par se ressembler… Chez certains poissons en tout cas ! Une démonstration expérimentale, faite par le laboratoire Biogéoscience de l’université de Bourgogne Franche-Comté, a montré pour la première fois une convergence comportementale entre partenaires sexuels initialement très dissimilaires, chez le cichlidé zébré Amatilania siquia.

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© Chloé Laubu

L’Homme n’est pas le seul à avoir des relations monogames. De nombreux oiseaux sont connus pour leur monogamie, mais aussi certains poissons, comme le cichlidé zébré. Ces poissons tropicaux sont très étudiés pour leurs stratégies de reproduction. Ils forment des couples stables dans lesquels le mâle et la femelle défendent ensemble un nid, les jeunes étant exposés à une forte prédation, et se partagent les soins à la progéniture. Les chercheurs de laboratoire Biogéoscience se sont demandé si les différences comportementales au sein d’un couple pouvaient nuire au succès reproducteur de ces derniers. Ils ont donc formé différents couples avec ces poissons d’un lac volcanique du Nicaragua. Certains couples avaient initialement des profils comportementaux très contrastés et d’autres, au contraire, très similaires. Les chercheurs ont ensuite observé la façon dont ils défendaient leurs œufs, avant et après la formation du couple.

Les résultats : « se contenter d’un partenaire disponible mais pas forcément idéal »

Cette expérience a mis en évidence que les partenaires mal assortis parviennent à s’accorder et augmentent leur similarité comportementale. Principalement parce que le partenaire le moins agressif converge vers le comportement du partenaire le plus agressif. Les couples dissemblables au début de l’expérience se sont ainsi accordés et ont eu un nombre de jeunes équivalent à celui des couples initialement similaires. Les couples qui ont peu convergé l’un vers l’autre ont, par contre, eu un nombre de petits moins élevé.

Pour garantir une bonne coordination au sein du couple, l’idée première serait de commencer par chercher un partenaire similaire à soi. Or cette tâche peut prendre beaucoup de temps sans garantie de succès. Plutôt que de prendre le risque de rester célibataire, il est donc plus efficace de se contenter d’un partenaire disponible mais pas forcément idéal, et de tenter ensuite de s’arranger de la situation. Le dicton « qui se ressemble s’assemble » n’est donc pas une fatalité pour les cichlidés zébrés !

La vidéo présentée montre cette expérimentation. On peut ainsi observer les couples qui s’accordent face à la démarche à avoir avec un prédateur et l’évolution de leur coordination.

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Sylvie Nadin

Après un master en sciences de l'atmosphère et de l'océan, Sylvie débute une formation en journalisme. La science doit être accessible à tout le monde et pas qu'aux scientifiques ! Face aux problèmes environnementaux actuels, elle s'engage personnellement dans la voie de l'écologie. Souvent pessimiste, elle croit tout de même qu'un avenir radieux est possible, si on se donne la peine de le construire.