Santé

Les pesticides nous empoisonnent !

D’après un rapport publié hier par Greenpeace, « Santé : les pesticides sèment le trouble », les agriculteurs et leurs familles sont en première ligne face à des risques de pathologies graves provoquées par l’exposition aux pesticides : cancers, maladies de Parkinson ou d’Alzheimer… Pour bien marquer le coup, des activistes de l’ONG ont bloqué ce matin l’entrée de la coopérative agricole InVivo à Paris avec un mur de bidons symbolisant des pesticides. Le but : dénoncer le rôle néfaste que joue InVivo en encourageant l’usage des pesticides malgré les dangers qu’ils font peser sur la santé humaine. 

© Nicolas Chauveau / Greenpeace
© Nicolas Chauveau / Greenpeace

Des pesticides présentes dans l’alimentation, l’eau, l’air et même la poussière

crédit photo GreenpeaceMême si nous sommes tous exposés à un cocktail toxique de pesticides de synthèse qui ont commencé  à être utilisés dans l’agriculture dans les années 1950, certaines personnes sont plus vulnérables :

Les agriculteurs et les personnes chargées d’appliquer  les pesticides, en particulier dans les serres.
Les fœtus et les jeunes enfants. Lorsque les femmes  sont exposées aux pesticides durant leur grossesse, certains produits chimiques peuvent atteindre  directement le fœtus, dans l’utérus. Or au cours du développement intra-utérin, le fœtus est particulièrement  vulnérable aux impacts toxiques des pesticides.
Les enfants en bas âge sont en général plus vulnérables  que les adultes aussi, car ils se déplacent en rampant ou en marchant à quatre pattes, risquent davantage  de toucher des surfaces contaminées et ont tendance  à mettre leurs mains à la bouche. De plus, en raison  de leur petite taille, les enfants sont moins capables que  les adultes de métaboliser les substances toxiques.

Le docteur Charles Sultan, endocrinologue et professeur au CHU de Montpellier, explique en quoi les pesticides perturbent le développement des bambins : 

« Concernant les adultes, les études montrent des liens évidents entre une exposition régulière aux pesticides et le développement de nombreux cancers (cancer de la prostate et des poumons, notamment), ainsi que des maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson ou encore Alzheimer.

Certaines personnes, du fait de leur patrimoine génétique, seraient plus sensibles que d’autres à l’impact toxique des pesticides, qui peut être transgénérationnel. Certaines études indiquent que même si les générations futures ne sont pas directement exposées aux pesticides, elles pourraient en subir les conséquences car leurs grands-parents y étaient exposés ! »

A noter que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé le 20 mars dernier le glyphosate, présent notamment dans le Roundup, l’un des herbicides les plus vendus, et les insecticides malathion et diazinon, cancérogènes « probables chez l’homme ».

Greenpeace demande donc à InVivo de cesser la vente des pesticides les plus dangereux et de développer des pratiques et solutions alternatives aux pesticides chimiques comme l’agriculture écologique.

« Il n’est pas acceptable que Philippe Mangin et Thierry Blandinières développent toujours plus l’activité de vente de pesticides, allant même jusqu’à en fabriquer. En faisant cela, ils privent les agriculteurs de solutions alternatives qui préserveraient leur santé et celle des Français », déclare Anaïs Fourest, chargée de campagne Agriculture à Greenpeace en faisant référence référence au président de la coopérative et à son directeur général.

Regardez son interview : 

Du côté des politiques, une réelle réduction des pesticides est plutôt mal partie. Le gouvernement a présenté en février un plan « Ecophyto II » afin de diminuer de moitié le volume annuel de pesticides utilisés en France d’ici 2025. Il fait suite au précédent plan « Ecophyto II » qui a échoué à mi-parcours : alors qu’il prévoyait une réduction de 50% entre 2008 et 2018, la consommation de pesticides avait déjà augmenté de 5% en moyenne entre 2009 et 2013 et de 9,2 % entre 2012 et 2013 !

Envie de soutenir une agriculture plus écolo ? Plus d’infos sur le site site web international iknowwhogrewit.org

 

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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.