Californie :

La sécheresse bouleverse la société

99.8 % des terres de la Californie sont frappées par une sécheresse qui dure depuis maintenant cinq ans de manière quasi ininterrompue. Finies les pelouses impeccables, les piscines hollywoodiennes et les voitures lavées à grande eau.

Californie, ©Frank Rousseau
Californie, ©Frank Rousseau

La carte postale de la Californie 2016 nous ferait presque songer à des romans de Steinbeck. A savoir : aride.

La sécheresse : Selon le National Oceanic and Athmospheric Administration, l’Etat traverserait même la pire sécheresse depuis… 1895 ! La faute à qui ? Aux pluies inexistantes, à une agriculture intensive (80% de la consommation d’eau) et au mode de vie de l’État le plus peuplé des États-Unis (40millions de personnes).

La forêt : Selon les scientifiques, environ 10,6 millions d’hectares de forêt comptant jusqu’à 888 millions de grands arbres, dont les célèbres séquoias géants, ont subi des déficits importants d’eau entre 2011 et 2015.

Les nappes phréatiques : elles sont mises à rude épreuve. Le lac Mead, le plus grand réservoir d’eau aux Etats Unis, qui approvisionne le Nevada, l’Arizona et la Californie, a atteint son plus bas niveau. Depuis des années, il n’a pas été alimenté !

L’économie : la note (salée) pour l’économie locale tourne autour de 2.2 milliards de dollars avec de 17000 emplois de perdus.

– Vous en voulez encore ? Pour noircir encore plus le tableau, la Californie connaît l’une des plus grosses poussées démographiques de la planète, accroissant de fait, les exigences en terme de consommation d’eau.

Que faire alors ? Commencer enfin à agir ! La Californie semble s’en donner les moyens. Exemples…

Recycler l’eau : jusqu’à présent, une grande partie des eaux usées étaient déversée dans l’océan. Aujourd’hui les villes côtières comme Los Angeles étudient la possibilité de la recycler. Si l’utilisation d’eaux usées pour arroser les cultures ou des pelouses est déjà largement adopté en Californie, l’Etat assoiffé est prêt à aller plus loin. Selon certains spécialistes, d’ici 2020, les eaux retraitées devraient être à même d’approvisionner le cinquième de la population californienne.

Poursuivre ceux qui utilisent trop d’eau : une police spéciale surveille désormais les comportements des habitants des grandes villes. Et une police citoyenne signale les comportements suspects sur les réseaux sociaux. La mobilisation peut même aller très loin sur Internet. Les habitants dénonçant à cœur joie quiconque fait un usage abusif de l’eau potable, notamment sous le hashtag#DroughDhaming, de « drought », sécheresse et sharing », pour filer la honte (« shame ») à qui ne respecte pas la loi.

Depuis quelques mois, cette dénonciation en règle vise aussi les célébrités. Sur les réseaux sociaux fleurissent des photos aériennes de villas de stars, végétation luxuriante et pelouse bien verte, alors que tout autour, l’herbe est sèche et jaunie.

Moins arroser : pour donner le bon exemple, les municipalités ont donné l’ordre à leurs employés de ne plus arroser les plates-bandes qui servent de ligne médiane sur les routes. Dans les espaces publics, les plantes gourmandes en eau sont remplacées par des plantes résistantes à la sécheresse. Le gouverneur de Californie s’est même proposer de remplacer 4.6 millions de mètres carrés de pelouses par ces espèces moins consommatrice d’eau ! Economie à la clé ? 2 milliards de gallons d’eau par an !

Adopter copeaux et gazon synthétique : sur le campus de la prestigieuse université de Berkeley, dans la baie de San Francisco, comme dans le jardin de nombreux habitants, des copeaux végétaux recouvrent désormais les anciennes parcelles de pelouse. Dans les quartiers huppés de Los Angeles notamment, des habitants qui comblent leur piscine d’autres qui installent du gazon synthétique. Les amendes pour gaspillage d’eau pouvant, il est vrai, s’élever à 10 000 dollars !

Dans un prochain article, nous vous parlerons de ces Frenchies installés en Californie qui ont développé une idée ingénieuse pour économiser encore plus !

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Frank ROUSSEAU, grand reporter et pur produit de la mondialisation ! Elevé en partie en Afrique, au Canada, en Nouvelle Calédonie. Eduqué en France puis dans les Universités américaines, il se passionne ensuite pour l’histoire de l’art et celles de civilisations avant d’intégrer le Figaro Quotidien. Journaliste freelance, il partage désormais son temps entre l’oligopole de Los Angeles et un petit village des Yvelines…