Vacances responsables en Afrique du Sud

Photographe professionnelle, freelance pour l’agence Sipa Press, Viviane Negrotto s’est envolée fin décembre pour un tour du monde de dix mois. Son but ? Rencontrer ceux et celles qui participent chaque jour à construire un monde plus durable. Tous les mois, elle nous présente un projet éco-conçu. Direction l’Afrique du Sud à l’occasion de la Coupe du monde de football.

Développer des alternatives au tourisme traditionnel, c’est l’objectif de la Fair Trade in Tourism South Africa (FTTSA). Une association fondée en 2001 qui garantit aux touristes que leurs lieux de séjour répondent bien à un certain nombre de normes environnementales, éthiques et sociales. Soucieuse de rendre ce type de tourisme accessible à toutes les bourses, la FFTSA labellise à la fois des hôtels, des lodges et des villas. Viviane a visité pour vous deux projets labellisés FFTSA.

Coffee Bay
Dynamique et motivé, David Malherbe est un ancien surfer professionnel. Installé à Biarritz pendant sa carrière, il s’installe ensuite à East London en Afrique du Sud où il ouvre deux auberges de jeunesse. Mais en février 2000, lorsqu’il apprend qu’une opportunité se présente également à Coffee Bay, il se rend immédiatement dans le Transkai. Une région unique, sauvage et préservée. En compagnie de deux amis, il reprend l’endroit en impliquant fortement la communauté. Il emploie des locaux, il les forme et leur permet de passer le permis de conduire. Il envoie également des touristes dormir chez l’habitant et met en place des excursions dans le village avec repas et danses traditionnelles.

Parallèlement, il lance un programme de sensibilisation et de lutte contre le sida, finance la construction d’écoles, distribue des bourses d’étude et organise des voyages de classe. Très préoccupé par la préservation de l’environnement, il sensibilise la communauté. Si aujourd’hui le projet tourne bien, David rencontre encore des difficultés. La formation des employés est longue et laborieuse sans compter que certains abandonnent en cours de route. Mais surtout, lorsqu’ils ont acheté l’auberge de jeunesse, ils n’ont eu qu’une PTO : un permis d’utiliser l’endroit. Actuellement, ils essayent de régulariser la situation pour que la communauté devienne propriétaire afin de lui verser un loyer, mais les embûches sont nombreuses… En attendant, 2,5% des bénéfices sont reversés sur un compte qui va à la communauté qui détient déjà 30% des parts de l’entreprise !

Lebo’s Soweto Backpackers

Exilée au Botswana pendant l’apartheid à cause de l’activisme du père, la famille de Lebo, fondateur du Backpacker de Soweto, réintègre sa propriété en Afrique du Sud à la mort de la grand-mère. En 1999, après avoir voyagé un peu partout dans le pays, Lebo découvre les backpackers, sortes d’auberges pour randonneurs. Il décide alors de convertir la maison familiale. Les premiers touristes (français) débarquent en 2003. Trois ans plus tard, Lebo met en place des tours de vélo qui rencontrent de suite u n jolisuccès. Au programme : visite des chebeens, bars illégaux où l’on boit de la bière de maïs tous ensemble dans le même godet, et promenade dans les anciens quartiers-dortoirs des mineurs.

En face du backpacker, Lebo et sa famille ont retapé le terrain vague. Ils ont replanté de l’herbe, installé des jeux et un théâtre pour les enfants des bidonvilles qui peuvent ainsi jouer en toute sécurité. Parallèlement, Lebo a mis en place un Youthclub où les jeunes participent à des activités et trouvent de l’aide pour leurs devoirs. Le tout est financé grâce aux bénéfices de l’auberge. Non content de permettre à sa famille de vivre dans de bonnes conditions, le projet de Lebo a ouvert la région au tourisme.

Plus d’infos : www.fairtourismsa.org.za

Retrouvez les reportages de Viviane Negretto sur http://www.abiotifulworld.com/ au travers de photos et d’articles.


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