Nouvelle étiquette pour la qualité de l’air intérieur

Bougies parfumées, aérosols, produits d’entretien, peintures, etc. peuvent avoir des effets néfastes sur la qualité de notre air intérieur et notre santé. Cela est d’autant plus inquiétant que nous passons en moyenne plus de 80% de notre temps dans des bâtiments (maison, bureau, école…). Cette mauvaise qualité de l’air intérieur a également un coût : entre 10 et 40 milliards d’euros par an en France selon EnVIE, programme européen sur la qualité de l’air intérieur.


Une étiquette grand public

Depuis le 1er janvier 2012, les fabricants doivent afficher les niveaux d’émission en polluants volatils (ou composés organiques volatils – COV) de tous les nouveaux produits de construction et de décoration. Une étiquette spéciale, élaborée par la distribution et le ministère du Développement durable, permet au consommateur de s’y retrouver. Sur le même principe que l’étiquette énergie, elle va de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). Les émissions sont déterminées par rapport au produit posé, incorporé ou appliqué dans une pièce.

Dix polluants volatils sont pris en considération par les mesures des fabricants : formaldéhyde, acétaldéhyde, toluène, tetrachloroéthylène, xylène, 1,2,4-triméthylbenzène, 1,4-dichlorobenzène, éthylbenzène, 2-butoxyéthanol et le styrène. L’ensemble des mesures est additionné pour donner un résultat global : les composés organiques volatils totaux (COVT).

A terme, plusieurs milliers de références, telles que les peintures, les papiers peints, les parquets, les moquettes, le vernis, les colles, les adhésifs, etc., seront étiquetées. Le but est bien sûr d’informer le consommateur, mais également de prévenir les risques de toxicité par inhalation.

Une campagne de sensibilisation, « Respirez mieux, l’étiquette vous guide ! » vient accompagner la mise en place de cette nouvelle étiquette dans les rayons.

Un kit à utiliser chez soi

Le ministère souhaite également déployer un kit d’évaluation facilement utilisable par toute personne souhaitant mesurer et analyser les substances les plus préoccupantes présentes dans son logement, tels que le formaldéhyde et l’indicateur BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène, xylène). 400 kits sont en cours de test par des conseillers en environnement intérieur de l’INERIS (Institut national de l’environnement industriel et des risques).

Les résultats de la phase de test seront connus fin 2012. Une mise sur le marché du produit peut être espérée en 2013. Le kit devrait coûter 50 €.

Un guide pour les professionnels

Les maîtres d’ouvrage et les concepteurs sont aussi invités à construire sainement. Le ministère du Développement durable a édité à leur intention un guide pour proposer des solutions pratiques pour prévenir diverses pollutions rencontrées dans les bâtiments, et améliorer les conforts acoustique, visuel et hygrothermique (température et humidité). Les conseils concernent les bâtiments neufs et les rénovations lourdes de bâtiments existants.

Le guide peut être téléchargé gratuitement sur ce site : www.developpement-durable.gouv.fr/Construire-sain-guide-a-l-usage.html

Un dispositif national de surveillance de la qualité de l’air intérieur

Pour compléter ce volet du plan national santé environnement, le décret du 02 décembre 2011 prévu par la loi Grenelle 2 a rendu obligatoire la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans certains établissements accueillant du public dit sensible (enfants, personnes âgées ou malades). Il s’agit des établissements d’accueil collectif d’enfants de moins de six ans, des centres de loisirs, des établissements d’enseignement ou de formation professionnelle du premier et du second degré, des structures de soins de longue durée des établissements de santé, des établissements sanitaires et sociaux, des piscines couvertes ouvertes au public, et des établissements pénitentiaires.

Trois substances jugées prioritaires par la communauté scientifique seront mesurées dans la majorité des établissements (à l’exception des piscines et des hôpitaux où les polluants sont spécifiques) : le formaldéhyde, le benzène, et le dioxyde de carbone (CO2). Les mesures seront réalisées par des organismes accrédités par le Comité français d’accréditation (Cofrac).

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