Une moquette faite de filets de pêche

RECYCLAGE – La société Interface va récupérer des filets de pêche abandonnés pour les intégrer dans ses produits…

Et si, dans une vie antérieure, votre moquette avait connu les plages des Philippines et s’était baignée dans les eaux chaudes du Pacifique? Interface, fabricant de moquettes engagé depuis sa création dans la protection de l’environnement, vient d’annoncer un partenariat avec la Zoological society of London (ZSL) et des associations philippines pour réutiliser les filets de pêche abandonnés sur les côtes.

Sauver les coraux

Ces filets, fabriqués en nylon, finissent souvent abandonnés sur les plages ou dans la mer une fois qu’ils sont usés. Tortues et poissons se prennent dedans, ou bien les filets mettent des décennies à se dégrader lorsqu’ils sont sur terre. Sur la barrière de corail de Danajon, en plein cœur de l’archipel des Philippines, les dégâts sont immenses: les filets de pêche abandonnés en un an pourraient couvrir 400 fois la longueur de la côte. Le récif est un des plus dégradés au monde.

Interface a donc décidé de se lancer dans le recyclage de ces filets: «Nous travaillons avec des partenaires locaux, notamment des associations, pour déterminer comment nous pouvons organiser la collecte dans quelques villages, explique Claire Baillet, vice-présidente du marketing chez Interface pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Inde. Nous voulons réduire notre impact environnemental et surtout faire vivre ces communautés en leur versant une contribution par le biais d’associations locales.»

Les filets de pêche sont déjà utilisés dans les moquettes

En pratique, les filets usés seraient ainsi rachetés aux pêcheurs, puis revendus à des transformateurs qui devront purifier la fibre de nylon et la dépolariser pour qu’elle soit utilisable dans la production de dalles de moquette. «Pour l’instant, nous sommes encore en phase de tests mais d’ici six mois nos produits pourraient contenir des filets de pêche», estime Claire Baillet, assurant que le recyclage des filets ne sera pas plus consommateur d’électricité ou d’eau que la production de fibre vierge.

«Nous utilisons déjà des filets de pêche dans notre gamme Biosfera et lorsque nous sommes entrés en contact avec la ZSL, qui se concentre sur la protection des mers, nous nous sommes dit qu’il y avait quelque chose à faire ensemble», explique Claire Baillet. Le challenge ne sera donc pas tant de transformer les filets en moquette mais plutôt de créer une chaine d’approvisionnement fiable et équitable.

Audrey Chauvet
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