Une mare écologique et bucolique chez soi

A l’instar de la mare écologique réalisée par les stagiaires du Greta de l’Horticulture et du paysage dans le Jardin-Ecole de Montreuil, il est possible de créer un petit coin aquatique chez soi. Mais cela demande des savoir-faire multiples : gestion de l’eau, choix des végétaux filtrant et oxygénant ou encore aménagement d’une berge.

Les routes et les espaces cultivés dénaturent nos paysages et remplacent les milieux naturels. La création d’oasis naturelles dans son jardin amène un « plus » esthétique et contribue à la protection de la nature. Pourtant, qui dit mare naturelle, dit intervention sur la vie du milieu aquatique limitée afin de permettre aux espèces sauvages de s’y développer librement. En préférant la recolonisation naturelle par des plantes et animaux de nos régions aux espèces exotiques, vous atteindrez facilement un équilibre écologique !

Votre mare écologique doit être peu profonde -moins d’un mètre- afin que les végétaux aquatiques utilisent au maximum la lumière du soleil pour leur photosynthèse. Un système de filtration classique est déconseillé car il risque d’aspirer les larves, les insectes ou encore le plancton. Si on désire vraiment installer une circulation d’eau, il faut opter pour une filtration biologique. On isole alors la pompe dans une caisse recouverte de grillage plastique très fin. De cette façon, l’aspiration sera répartie sur une plus grande surface et les animaux ne se retrouveront pas piégés.

Evitez d’introduire des poissons car l’écosystème doit s’implanter de façon naturelle. « Parfois, les œufs de poissons s’introduisent dans les ailes des canards qui les transportent vers des mares », souligne Catherine Laïrle, conseillère en Formation Continue au GRETA. N’oubliez pas de penser aux plantes qui tiennent un rôle important dans l’épuration de la mare. La phyto-épuration rend à la terre une eau débarrassée de la majorité de sa charge organique et particulaire. Des exemples de plantes à privilégier ? Sagittaires (déphosphatante), menthe aquatique et phragmites australis variegata (filtrantes). Les paliers doivent être nombreux afin d’introduire d’une flore diversifiée. Les pentes seront douces pour faciliter le déplacement des amphibiens et permettre à un animal tombé accidentellement dans la mare d’en ressortir. Aussi, pensez aux abords du bassin qui seront réalisés de manière à ce qu’ils offrent des  refuges aux animaux : tas de pierres, piles de bois, tas de tuiles ou fleurs sauvages.

La vie dans le bassin s’organisera rapidement. Au bout d’une saison, vous devriez trouver un équilibre tant sur le plan biologique -qualité de l’eau- que sur le plan de la chaîne alimentaire avec la colonisation des petits animaux. En effet, ils viendront d’eux-mêmes coloniser ce nouvel espace s’il leur convient. Grenouilles, crapauds, tritons, salamandres, viendront pondre dans le bassin au printemps et resteront à proximité de l’eau tout le reste de l’année. Les insectes arriveront également : libellules, dytiques, éphémères… Pas de panique si votre mare n’acquière pas tout de suite les qualités esthétiques que vous attendiez : il faut laisser 2 à 3 ans aux plantes pour qu’elles s’implantent. « Il faut pensez à entretenir votre végétation et évitez qu’elle ne devienne trop envahissante,  précise Catherine Laïrle. Afin d’entretenir votre mare, pensez à contrôler la qualité de l’eau, sa dureté ainsi que son potentiel hydrogène. » C’est tout un monde animal et végétal qui vivra autour et dans la mare. Laissez-vous tenter!

Sources :

http://environnement.wallonie.be

http://www.passionbassin.com


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