Une Agence nationale pour mieux protéger la biodiversité dès 2015

phfran-reg-021-093_A5Près de 40 ans après une première loi, le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, va déposer un projet de loi pour « protéger et valoriser » la biodiversité dans un pays où la consommation de pesticides ne cesse de croître.  La loi du 10 juillet 1976 était relative à la protection de la nature, le néologisme « biodiversité » n’étant pas encore apparu.

 

 

La future « loi Martin » – qui sera discutée fin juin par les députés et entrera en vigueur le 1er janvier 2015 – créera aussi l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB), laquelle accompagnera « tous les acteurs de la biodiversité ». Avec un budget de 220 millions d’euros et 1200 salariés, elle absorbera plusieurs établissements publics (*) chargés de la protection de la nature et de l’environnement.

Le projet de loi a pour ambition première de « mieux concilier les activités humaines et une biodiversité menacée par la surexploitation», de moderniser et d’adapter aux réalités aujourd’hui des textes de loi dépassés. Concrètement, il s’agit d’assurer une meilleure protection de la nature, dont les milieux marins – grâce à la création de Zones de conservation halieutique -, de veiller au partage de l’exploitation des ressources naturelles, de faire du paysage un « élément essentiel de notre cadre de vie », et de lutter contre les pollutions et le trafic des espèces menacées, y compris celui des êtres humains.

Dommage qu’un tel projet de loi ne soit pas porté conjointement par le ministère de l’Ecologie et celui de l’Agriculture, qui autorise des épandages aériens prohibés, ou poursuit un viticulteur bourguignon qui refuse d’utiliser des pesticides…

(*) L’AFB absorbera l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), l’Atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et Parcs nationaux de France. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) échappe à l’intégration dans l’AFB : les chasseurs y sont majoritaires dans le conseil d’administration ! Or c’est l’ONCFS qui dresse la moitié des infractions aux réglementations sur l’environnement.

 

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.