Une gélule stop-odeurs de pet !

Un labo brésilien vient de mettre sur le marché une gélule qui serait capable de neutraliser l’odeur des flatulences, autrement dit les pets. Selon ce laboratoire – Pholias -, la gélule en question contient une huile d’ail « riche en substances anti-oxydantes et déodorantes ». Rien à craindre côté remontées déplaisantes d’odeurs d’ail : on ne combat par le mal par le mal. 

Le marché est porteur : le même labo estime que 15% la population brésilienne souffre de dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale), ce qui fait tout de même 30 millions de clients potentiels sans compter les occasionnels. Et comme le reste de la planète n’est pas épargné, Pholias a de beaux jours devant lui à 13€ la boîte de 120 gélules simplement dénommées Alho (ail, en portugais)

Ail_roseReste à savoir quelle est l’efficacité réelle de la gélule en question, plusieurs spécialistes soulignant l’absence de références scientifiques sur le rôle de l’huile d’ail dans le contrôle des émissions de soufre, d’hydrogène, d’azote, de CO2 et de méthane (deux gaz à effet de serre…) qui composent les flatulences malodorantes. Et si vous êtes très affecté, vous pouvez essayer des sous-vêtements neutralisant les flatulences grâce au charbon actif.

D’autres solutions existent pour limiter ces odeurs qui dépendent beaucoup de ce qu’on mange, en particulier les aliments plus ou moins « gazogènes » trop soufrés comme les boissons gazeuses, les œufs, haricots et autres flageolets, lentilles, soja, pois, chou et féculents (pommes de terres et pâtes) car ils sont décomposés dans l’intestin. Manger lentement est aussi essentiel.

Activated_CarbonDes médicaments efficaces existent en phytothérapie mais le plus efficace et le moins cher reste… le charbon actif en poudre, qui absorbe les toxines bactériennes dans l’intestin. Déjà connu en Egypte il y a 3500 ans puis vulgarisé par Hippocrate, le charbon reste le meilleur (et le moins cher) désintoxicant et même des anti-poisons.

Si le pet est mal vu dans nos sociétés bien qu’il soit un sujet éternel de plaisanteries douteuses, il existe en France une « Confrérie des petits frères péteurs impénitents». D’autres cultures en ont fait une marque de reconnaissance. L’empereur romain Claude avait même autorisé les pets dans les banquets pour une question de salubrité. Chez les indiens Yanomami (Brésil et Venezuela), un salut par le pet est apprécié et il existerait encore des péteurs professionnels bien rémunérés en Chine.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.