Une école pour bien savoir tuer les poissons

Savoir abréger les souffrances d’un poisson, ça s’apprend ! La Suisse a rendu obligatoire une formation pratique destinée aux pêcheurs amateurs. Au programme : comment tuer proprement un poisson.

Lac bleu Suisse ©Benjamin Chaulet
Lac bleu, Suisse ©Benjamin Chaulet

En Suisse, on respecte le poisson jusqu’à la manière dont on le tue. Depuis 2009, il est obligatoire de savoir comment mettre à mort un poisson de manière à lui éviter de souffrir. La loi suisse de protection des animaux a ainsi ajouté un examen pratique pour l’obtention du permis de pêche. Sans cette « formation d’attestation des compétences », il est impossible pour les pêcheurs amateurs de recevoir un brevet de plus d’un mois.

Maxime Prevedello, président de l’Association genevoise des sociétés de pêche (AGSP) enseigne cette pratique de la manière suivante : « Il s’agit d’abord de donner un coup sec sur le sommet du crâne, puis de saigner la bête avec un couteau en sectionnant son canal branchial, l’artère qui relie le cœur au cerveau », explique-t-il. Selon lui, si le geste est bien effectué, la chair de l’animal sera meilleure à la consommation. Si à Genève les élèves s’exercent sur des truites en silicone réalistes et très souples, d’autres cantons suisses s’appliquent sur des spécimens bien vivants dans des piscicultures. Une pratique qui nécessite une autorisation de l’Office vétérinaire fédéral pour chaque cours.

Le respect du poisson est primordial. Il ne s’agit pas pour les pêcheurs en herbe de savoir uniquement comment le tuer. Si celui-ci fait partie d’une espèce protégée ou est trop petit pour être mangé, il faut aussi savoir comment le relâcher. Selon Maxime Prevedello, jeter le poisson d’un quai ou d’un pont est une très mauvaise idée. La hauteur, trop importante, risque de causer des lésions internes chez le poisson. « Maintenez-le sous l’eau pendant que vous le mesurez et que vous enlevez le hameçon, pour qu’il puisse respirer, puis relâchez-le délicatement face au courant », indique-t-il.

Une bonne initiative pour les amateurs de pêche à la ligne qui laissent souvent leurs prises s’asphyxier pendant de longues minutes avant de mourir. Abréger correctement les souffrances d’un animal, c’est aussi le respecter !

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.