Une eau saine pour des hommes sains

La santé de l’homme est intimement liée à celle des écosystèmes. C’est ce que viennent de prouver des recherches scientifiques.

La liste des substances dangereuses présentes dans l’eau ne cesse de s’allonger. Résidus de médicaments, perturbateurs endocriniens, Bisphénol A, PCB, et surtout les pesticides, dégradent le bon état des eaux, altèrent les fonctions d’épuration des rivières face aux cyanobactéries ou aux algues néfastes.

Mais l’eau n’est pas la seule source d’exposition de l’homme aux risques venus de l’environnement. La consommation de poissons et coquillages, la baignade et, plus étonnant, les cosmétiques sont aussi pointés du doigt par le Pr Claude Casellas, enseignant chercheur à Montpellier.

Améliorer la qualité de l’eau

Aujourd’hui, l’expertise publique se concentre sur la qualité microbiologique en aval des stations de traitement des eaux usées qui servent à l’irrigation. Elle porte également sur le bisphénol A, les phtalates et les résidus de médicaments, des substances non encore réglementées.

L’Agence de l’eau et le Grand Lyon proposent quant à elles de protéger les captages d’eau potable vis-à-vis de toute pollution diffuse, pesticides et autres polluants. Elles estiment que cela coûte 2,5 fois moins cher sur la facture d’eau de ne pas polluer en amont que de laisser polluer puis dépolluer. Un mobilier urbain moins émissif en polluants, des « jardins de pluie » en ville qui filtrent et épurent les eaux sont autant de pistes pour protéger la ressource.

Un scandale de plus ?

Malgré toutes ces bonnes intentions, le collectif Générations futures estime que « le Ministère de la Santé rend plus facile la distribution d’eau polluée par des pesticides au-delà de la limite de qualité ! » Pourquoi ? Une instruction de la Direction générale de la santé publiée au Bulletin officiel en février 2011 a augmenté la tolérance aux pesticides dans les réseaux de distribution d’eau.

Avant cette instruction, un avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France daté de prévoyait que l’eau ne devait « pas être utilisée, ni pour la boisson, ni pour la préparation des aliments » si un pesticide s’y trouvait à une quantité supérieure à 20% d’une valeur appelée «  valeurs sanitaires maximales » (V Max). Aujourd’hui, 100% de la V Max du pesticide concerné peut être atteinte !

Le collectif Générations Futures donne un exemple pour l’atrazine, un pesticide fréquemment retrouvé dans les eaux françaises. Selon ses calculs, avant la note de 2010, une interdiction temporaire de consommation de l’eau était prononcée à 0,4 μg d’atrazine par litre d’eau. Depuis la note de 2010, il faudra dorénavant dépasser 2 μg d’atrazine par litre pour voir l’eau interdite à la consommation.

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