Un véritable « arbre à vent » pour produire son électricité !

Arbre a vent Cite des telecoms 1C’est en regardant les feuilles d’un arbre bouger en l’absence presque totale de vent que Jérôme Michaud-Larivière s’est dit qu’on pouvait imiter les feuilles de l’arbre pour produire de l’électricité : alliance du bio-mimétisme et de la haute technologie, « l’arbre à vent ®» était (presque) né.

Quelques années plus tard, après plusieurs levées de fonds (un million d’euros) de la société New Wind R&D, beaucoup de force de conviction, de recherches, de simulations, de tests en soufflerie, cette éolienne d’un type complètement nouveau est inaugurée ce 23 avril en Bretagne sur une terre d’invention, la Cité des télécoms à Pleumeur-Bodou.

Jerome Michaud Lariviere, New WindSelon son créateur, Jérôme Michaud-Larivière, une telle machine a plusieurs avantages : son esthétique – conçue par le designer Claudio Colucci – balaie les futures critiques et permet de viser « la fin de l’intermittence » souvent reprochée aux éoliennes. « Elle peut fonctionner 320 jours par an soit deux fois plus longtemps qu’une éolienne classique, explique-t-il, avec des vents très faibles de l’ordre de 2 mètres/seconde et produire jusqu’à 18 m/s sans gêne pour le voisinage puisqu’elle est totalement silencieuse. Aucun problème non plus si elle est implantée en ville car elle profite des turbulences contrairement aux machines verticales. Selon le PDG de New Wind R&D, il s’agit d’un matériel très résistant et recyclable (acier et alliage plastique) qui pourra tenir une vingtaine d’années. Indépendantes les unes des autres, les feuilles (Aeroleaf®) sont des mini-turbines à axe vertical et à générateur intégré, qui peuvent exploiter tous les flux d’air, en ville comme en zone rurale.

Arbre à vent crédit photo Claudio ColucciHaute de 8 mètres, large de 5,5 m, cette éolienne domestique devrait pouvoir être installée sans autorisation d’urbanisme compte tenu de son intégration dans le paysage. Elle sera disponible en deux modèles – l’un de 72 ‘feuilles’ et de 2,5 kW, l’autre de 96 feuilles et de 3,5 kW. Avec une production minimale de 5.000 kWh/an et souvent bien plus, elle peut subvenir aux besoins en électricité (hors chauffage) d’une famille de 4 personnes, recharger une voiture électrique, etc. Groupées par trois en triangle sur un rond-point ou une placette, elles peuvent alimenter un réverbère ou un bâtiment. Et la collectivité qui en installera affichera du même coup sa politique de développement durable !

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.