Série dégueu N°5 :

Un petit café à la bouse d’éléphant ?

Vous aimez les éléphants ? Ils n’ont pas fini de vous surprendre ! Découvrez le Black Ivory, un café réalisé à partir de… bouse de pachydermes. Et ça coûte une trompe !

©Katherine Lim
©Katherine Lim

35 grammes pour 60 dollars (53€), c’est fort de café ! Et pourtant c’est bien le prix de la nouvelle coqueluche des amateurs de caféine, le Black Ivory. Qu’est ce qui le rend extraordinaire ? De l’arabica soigneusement récolté sur les collines verdoyantes du nord de la Thaïlande, placé dans le petit déjeuner de quelques éléphants de la Golden Triangle Asian Elephant Foundation. Très bien me direz vous, et ensuite ? Les grains sont digérés, rejetés par les voies naturelles de ces derniers et récoltés par les femmes des mahouts ( l’équivalent du cornac, maître et soigneur des éléphants). Retenez-vous de hurler, nous n’avons pas encore fini. Bien évidemment, ces précieux grains sont nettoyés à l’eau, séchés au soleil et torréfiés.

La particularité de cette boisson, mis à part sa fabrication étonnante, réside dans la digestion du mastodonte. Les enzymes présentes dans l’estomac de l’éléphant cassent la protéine du grain de café habituellement responsable de l’amertume de ce dernier. De plus, le pachyderme étant un herbivore invétéré, la fermentation joue un rôle essentiel dans sa digestion, ce qui permet d’ajouter un subtil goût de cerise de café dans le grain. Ainsi, le breuvage obtenu a, selon ses consommateurs, un goût chocolaté et doux. Pour le fondateur de la compagnie Black Ivory, Blake Dinkin, on trouve également une touche d’épices (tabac, canelle…) et d’herbe dans le parfum. Dix ans auront été nécessaires afin de mettre au point le café. Pour 1 kg de Black Ivory, 33kg de cerises de café sont requis. Comment le déguster ? Noir, bien sûr, avec un soupçon de sucre brut pour les plus gourmands.

 

Le business, en plus d’être juteux, profite à tous. Les mahouts et leurs familles sont employés dans la récolte des grains et 8% des chiffres de ventes reviennent à l’association Golden Triangle Asian Elephant Foundation qui sauve régulièrement des éléphants de rue pour leur offrir une nouvelle vie plus sereine.

Où peut-on trouver ce café extrêmement rare ? Dans certains hôtels grand luxe dont l’Anantara de Chiang Saen qui héberge la fondation Golden Triangle, où le café est préparé dans une machine à siphon française datant du 19e siècle. Pour ceux qui n’ont pas nécessairement envie payer le billet d’avion pour y goûter, il est toujours possible de l’acheter en ligne sur le site de la compagnie. Avis aux Parisiens, la compagnie projette de s’installer prochainement dans la capitale, au sein d’hôtels cinq étoiles et des restaurants du prestigieux guide Michelin.

Le café d’éléphant ne vous tente pas ? Vous pouvez toujours opter pour celui de civette, un petit mammifère qui comporte plusieurs sous-espèces dont l’une, asiatique (en Indonésie et Philippines), est très friande de cerises de café. Vous connaissez la suite… Comptez environs 60€ pour 250g de Kopi Luwak. La différence regrettable avec le Black Ivory est que la production de ce café s’effectue en élevage où les animaux sont de plus en plus mis en cage. Ainsi, très peu de grains viennent encore de la récolte en milieu sauvage.

Alors, un petit café ?

 

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Victoria Putz

Née dans la petite bourgade tranquille de Saint-Cloud, Victoria a vite aspiré aux voyages. Étudiante en journalisme et disciple de la presse écrite, elle roule sa bosse entre web magazines spirituels, culturels et généralistes. Après avoir passé deux mois à l’hebdomadaire TelQuel dans la très animée Casablanca au Maroc, elle entre à Néoplanète pour assouvir sa soif de culture environnementale.