Protection des oiseaux : la LPO récompense deux scientifiques

La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) a décerné le 11 juin dernier  à Volvic (Puy-de-Dôme) son Macareux d’Or à deux scientifiques engagés dans la conservation de la biodiversité et dans la lutte contre l’extinction de certaines espèces : Jean-Claude Lefeuvre et Bernard Chevassus-au-Louis. Portraits.

Professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle et Président du comité permanent du Conseil National de la Protection de la Nature, Jean-Claude Lefeuvre travaille pour la protection des zones humides et des oiseaux migrateurs. Dès 1979, il a attiré l’attention du ministère de l’Environnement sur la chasse préjudiciable des tourterelles en Aquitaine. Depuis protégée par la Directive européenne, l’espèce est interdite de chasse au printemps, période charnière durant laquelle les oiseaux migrateurs effectuent leur retour vers leurs zones de nidification. Pourtant le braconnage se maintient et l’espèce continue de se faire rare. En 1999, le Premier Ministre Lionel Jospin confie à Jean-Claude Lefeuvre la direction d’un rapport sur la conservation des oiseaux d’eau. Résultat ? La seule solution durable pour l’espèce est de limiter la durée de chasse pour ne pas entraver ses capacités de reproduction.

Dans un registre plus économique, Bernard Chevassus-au-Louis, deuxième lauréat du prix et ancien Directeur du Muséum d’Histoire Naturelle, a démontré en quoi la dégradation de la biodiversité avait un coût pour l’Homme. Lors du procès de l’Erika en 2008, son rapport intitulé « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes » a servi d’appui à la plaidoirie de la LPO qui avait recueilli près de 74 000 oiseaux mazoutés, et permis d’aboutir à la reconnaissance du préjudice écologique. Commandé par le Premier Ministre en 2009 après le Grenelle de l’environnement et rendu au Ministère de l’Environnement, ce rapport a permis, dans la même lignée que l’avait fait trois ans auparavant le rapport Stern, d’évaluer le coût des pertes de biodiversité et de marier l’écologie aux préoccupations économiques de l’Etat. Croissance et biodiversité ne sont pas contradictoires, mais doivent aujourd’hui être pensées ensemble.

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