Requins : pourquoi faut-il les protéger ?

Dans le cadre du Salon internationale de la plongée sous-marine, qui accorde une grande place aux requins, NEOPLANETE vous propose un zoom sur les requins en Polynésie et sur leur protection dans ce paradis marin.

Mal-aimés et mal connus, les requins ont du faire face à une triste et fausse réputation de mangeurs d’hommes après des films comme « Les dents de la mer ». Las !

Les requins sont certes des prédateurs, mais on oublie trop souvent qu’ils participent à l´équilibre de la biodiversité. La disparition de ces maîtres de la mer serait ainsi un drame car ils jouent un rôle primordial pour maintenir la vie dans les océans. Au sommet de la chaîne alimentaire, ils éliminent en effet les plus faibles pour réguler les populations. Leur disparition entraînerait une augmentation anormale de certaines espèces. Un exemple ? La surpêche du requin au Nord-est des Etats-Unis a eu pour conséquence une multiplication des raies qui se nourrissent de coquille St-Jacques, dont le nombre a, en toute logique, diminué de façon inquiétante, mettant en danger l’économie locale.

Un sanctuaire pour les requins

Parmi les 350 espèces de requins connues dans le monde, 19 peuvent être visibles autour des îles de Polynésie. Un spot idéal pour les plongeurs de tout niveau qui peuvent apercevoir sous l’eau les fameux requins à pointes noires, les requins gris, les requins citron, et les requins marteaux.

Ces animaux tant redoutés comptent heureusement de nouveaux alliés en Polynésie Française. L´association Longitude 181 Nature (www.longitude181.com) a réussi à ce que 40 000 personnes signent une pétition en leur faveur. Résultat : une loi a été promulguée en 2007 pour les protéger. Grâce à elle, le commerce des ailerons ainsi que la pêche des requins pour les obtenir (à l´exclusion du requin mako utilisé en cuisine) est interdite. Bonne nouvelle : le « shark finning » est donc terminé en Polynésie ! (www.stopsharkfinning.net) Le principe de cette activité lucrative ? Capturer un requin,  lui couper l’aileron puis le rejeter vivant à la mer. Les ailerons se vendent ensuite à plus de 500 € le seau sur les marchés asiatiques, friands de la fameuse « soupe aux ailerons de requins » !

La loi de 2007 a aussi permis le classement des requins en animaux protégés, ainsi que la création d´un sanctuaire pour eux dans les passes des îles. Ce havre de paix est similaire à celui que la Polynésie a créé pour les cétacés en 2002. Pourquoi est-il si important ? Car il est inaccessible aux grands navires de pêche. C’est donc le seul garant sur le long-terme du maintien des requins, qui font intégralement partie du patrimoine naturel de la Polynésie française.

Longitude 181 Nature essaie également de montrer que la protection des requins, accompagnée d´un écotourisme raisonné, est non seulement une nécessité éthique et écologique, mais qu´elle peut aussi être une alternative économique à la pêche. Cette campagne de sensibilisation a eu beaucoup de succès, et elle a même touché le gouvernement ! L´administration polynésienne a ainsi souligné que protéger les requins est un besoin urgent et nécessaire, notamment pour consolider le tourisme.

La Nouvelle Calédonie : demande de protection des requins

Le prochain défi ? Faire prendre conscience aux habitants et aux touristes de la Nouvelle Calédonie (http://www.longitude181.com/actu/suite.php?newsid=514), située en Océanie, de l´importance de la sauvegarde des requins. Pour l´instant, Longitude 181 Nature a demandé à la Province Sud de les inscrire sur la liste des espèces protégées, suite à la nomination de son lagon comme site du Patrimoine Mondial par l´Unesco (www.unesco.org).

On vous invite donc à rejoindre Longitude 181 Nature et ses projets pour protéger les squales. Notre conclusion ? Stop à la consommation de la soupe aux ailerons, car le requin n’est pas un animal aussi méchant que l’on imagine…

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