Un bac « DD » dès la rentrée 2011 !

Fini le bac technologique STI et place au bac STI2D, comprenez « Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable ». Dès septembre prochain, les filières technologiques STI seront regroupées en 4 thématiques. Les futurs bacheliers auront une formation plus adaptée au monde du travail… vert !

Ambitieux, innovant…le nouveau bac STI2D débarquera dès la rentrée. Son objectif principal ? Acquérir une démarche scientifique par des activités pratiques. Au programme : les matières traditionnelles, du français à l’histoire-géo en passant par les maths, associés à quatre thèmes d’approfondissement : Innovation technologique et éco-conception (ITEC), Système d’information et numérique (SIN), Energie et environnement (EE), et enfin Architecture et construction (AC). Les changements visent à moderniser ce diplôme qui s’adaptera mieux aux besoins des recruteurs.

Côté syndicats, les avis sont partagés. Si le syndicat de l’Éducation nationale CFDT et celui des enseignants UNSA sont globalement satisfaits, les syndicats du second degré (SNES) et des Lycées et collèges (SNALC) dénoncent un bac trop globalisant qui effacerait la spécificité de la voie technologique. « Troncs communs, diminution des horaires, mise en œuvre de l’autonomie….Tout est prêt pour que cette réforme soit un des moyens de suppression de postes d’enseignants », estime le SNES dans son communiqué du 10 mars 2010.

Côté enseignants, cette réforme a été une réelle remise en question. Pour faire évoluer les cours vers le développement durable, ils devront se former, comme nous l’explique Jacques Tarquis, Proviseur-adjoint du lycée Condorcet de Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui proposera les spécialités ITEC et SIN du bac STI2D à la rentrée prochaine.


La filière STI avait-elle besoin de cette réforme ?

Oui, les formations industrielles n’avaient pas été modifiées depuis près de 20 ans ! L’idée n’est pas idiote parce qu’elle vise à revaloriser la filière dans un monde qui a bougé et qui est à présent tourné vers le développement durable et l’industrie.

Accentuer la formation sur le développement durable vous semble donc logique ?

C’est évident : le problème de l’écologie se pose dans le monde industriel d’aujourd’hui. Dès lors que l’idée émerge dans la société, la politique ou l’industrie, les formations initiales doivent en tenir compte. Au vu des programmes, les élèves apprendront à ne faire aucune création sortie d’un environnement ou d’un contexte local donné. Ils anticiperont sur le devenir du produit une fois fabriqué, les matériaux nécessaires à sa production, son intégration dans son environnement… autant d’éléments qui sont incontournables à l’heure actuelle.

Est-ce « la bonne » réforme ?

Comme souvent, les moyens donnés pour appliquer cette réforme poseront problème. Pour l’établissement, cela veut dire gérer les classes différemment, avec de plus grands groupes d’élèves, des salles plus grandes et des profs qui vont tâtonner au début. Car les enseignants, plutôt pointus dans leur domaine, vont devoir se former pour être généralistes. Le soucis c’est qu’on ne leur propose que six jours de formation, c’est dérisoire ! Au-delà du but pédagogique, ils y voient aussi un moyen de rogner des postes : l’Etat en supprime 16 000. L’essentiel, c’est que cette réforme n’est pas mauvaise pour les élèves. Elle vise à mieux les préparer aux formations BTS ou ingénieur, à les rendre polyvalents et moins spécialisés. Je ne vois pas cela d’un mauvais œil car ils seront mieux armés pour appréhender l’évolution des métiers dans l’entreprise.


Plus d’infos : http://www.onisep.fr/


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