Un an pour la planète : l’arrivée au Brésil

Faire le tour du globe en parcourant plus de 20 000 km sans utiliser l’avion ! Voici le pari un peu fou de Florent et Nicolas. Ils ont sélectionné une vingtaine de projets dont ils recueilleront les témoignages pour montrer que construire le monde de demain passe par une véritable révolution dans notre façon de penser et de faire.

Voici leur premier carnet de voyage…

Le départ. Alors que le battement lent des essuie-glaces du bus qui me conduit à Beauvais m’hypnotise peu à peu, je réalise à quel point cette notion n’a pas encore pour moi de signification concrète. Malgré une année de préparation, j’ai bouclé en hâte mes bagages seulement une heure plus tôt, sans vraiment comprendre que je ne les rouvrirai définitivement que dans un an !

Après une courte halte madrilène, Lisbonne constitue ma première étape en solitaire dans une ville inconnue. La magie du voyage opère immédiatement : à la sortie du bus, je rencontre Sara et Manuel, deux étudiants d’une vingtaine d’années qui me font découvrir les petites rues animées du quartier d’Encarnação. Ils m’enseignent mes premiers mots de portugais, me parlent des réductions budgétaires de l’Etat qui vont rendre leurs études plus difficiles et de leur inquiétude face à l’avenir. Je ne les rassure qu’à moitié quand je leur explique que mon pays connaît d’autres problèmes bien similaires. Mais rien n’y fait, l’admiration de Manuel pour la France est sans limite !

Le lendemain, c’est seul que je visite la capitale portugaise. Je parcours ses rues escarpées, striées de câbles électriques auxquels semblent s’agripper des tramways centenaires. Ma journée à Lisbonne a tout du premier pas vers le Brésil : la température printanière, les odeurs de poisson grillé, la langue aux accents chantants. Le soir, je décolle pour Fortaleza, impatient de rejoindre la chaleur du Nordeste. En bas, perdus telles de petites étoiles sur la voûte sombre de l’océan, des cargos me rappellent mes projets initiaux pour cette traversée.

Une nuit, un second avion pour Natal, un bus, puis une image : mon arrivée sur la plage de São Miguel do Gostoso, en jeans et sac à dos. La fatigue du voyage, l’inquiétude des premiers pas dans le pays : tout s’est envolé en quelques instants à la vue de ce sable blanc bordé d’arbres tropicaux et de ces quelques enfants jouant dans les vagues du matin. Alors que je marche sous un soleil déjà chaud, je me demande ce que les premiers Portugais arrivés là il y a cinq siècles ont pu ressentir. Malgré la peur de l’inconnu, impossible de ne pas s’émerveiller devant un tel paysage !

J’enlève mes chaussures, remonte le bas de mon pantalon, foule pour la première fois la plage de mes pieds nus. L’odeur de l’océan, les rayons du soleil et les cris des enfants : l’atmosphère m’imprègne peu à peu. Et, doucement, je réalise l’année qui s’ouvre devant moi.

Plus d’infos sur le site de l’association.

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