COP21 :

Un accord ambitieux ?

C’est la question que tout le monde se pose : l’accord universel sur le climat qui sera adopté demain à Paris après tant de mois de négociations sera-t-il à la hauteur des enjeux ? La mini tour Eiffel rouge qui trône au fond des ‘Champs Elysées’ de la COP donne le ton…

'Il va falloir se transformer en cactus !'

Parlera-t-on d’une ambition permettant de maintenir le thermomètre sous la barre des 2 degrés de plus ou de 1,5°C comme le souhaitent les pays en développement ? Comme on a déjà encaissé un degré de plus, la marge ne serait plus que d’un demi-degré, un seuil qui risque d’être atteint dans moins de vingt ans, selon les scientifiques. Mais c’est le symbole qui compte !

L’accord, qui prendra le relais du protocole de Kyoto adopté fin 1997, est attendu avec impatience voire anxiété par les pays qui sont déjà victimes du réchauffement même si « nous sommes sur le bon chemin », comme l’a dit François Hollande. Mais il a ajouté qu’il y avait « encore des résistances venant des Etats ». Ces « résistances » sont connues et on sait d’où elles viennent. Elles concernent d’abord les financements et sont le fait de quatre pays qui ont beau jeu de renvoyer la balle au nord : Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud. Ces ‘grands émergents’ insistent pour que les 100 milliards de dollars d’aide aux pays les plus vulnérables vienne des pays « riches » et n’entendent pas y contribuer. La tension monte donc à la veille de l’échéance mais sans commune mesure avec ce qui s’est passé en 2009 à Copenhague. 

Plus d'ambition, clame la tour Eiffel de la COP !Deux autres points essentiels sont encore en litige : il s’agit du calendrier de révision des engagements (2018 ou 2020 voire 2024 ?) et de la répartition des efforts entre pays développés et en développement, qu’on appelle ici la différenciation. En suspens également, les pertes et dommages (en bonne voie ?), la question des émissions carbonées aériennes et maritimes internationales (absoutes), la sécurité alimentaire, la santé, les droits humains… qui feront sans doute l’objet d’une ligne discrète dans le texte final.

Enfin, on ne sait toujours pas quelle sera la dénomination de cet accord : on parle d’un « pacte universel » puisque le mot « traité » (comme à Kyoto) est banni en raison du niet des Etats-Unis et de la Chine.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.