Des ultrasons pour réduire les fibromes mammaires

La société Theraclion, spécialisée dans l’équipement médical de haute technologie, vient de mettre au point une innovation pour réduire certaines tumeurs du sein non cancéreuses, sans passer par l’opération et sans douleur : un scalpel à ultrasons appelé Echopulse. Ce procédé novateur pourrait, à terme, remplacer la chirurgie classique.

 © TheraclionEnviron 50.000 femmes par an en France sont atteintes d’adénofibrome (ou fibrome du sein) c’est-à-dire d’une tumeur bénigne. 10% des femmes en développent au cours de leur vie, généralement entre 20 et 40 ans. Le plus souvent, l’adénofibrome ne dégénère pas en cancer du sein et nécessite seulement d’être surveillé régulièrement par un gynécologue. Sauf qu’il peut parfois prendre du volume, jusqu’à 3 centimètres ou plus, ce qui entraîne forcément une gêne physique pour les patientes. Dans ce cas, il faut procéder à une ablation chirurgicale ou à une macrobiopsie c’est à dire une technique de prélèvement par aspiration. Mais cette technique à des inconvénients. Le docteur Marc Abehsera, responsable du Centre d’Imagerie du Sein de l’ Hôpital Américain de Paris confirme : «  le risque de cette technique est qu’elle peut laisser des cicatrices ou un méplat au niveau de la peau ». Et dans certains cas entraîner un risque de récidive lorsque la tumeur n’a pas été prélevée dans son intégralité.

Une alternative prometteuse

 ©theraclion

Théraclion propose une solution innovante, l’échothérapie, méthode associant ultrasons focalisés de haute intensité et monitoring par échographie pour l’ablation non-invasive de petites lésions. Les ultrasons utilisés sont 10 000 fois plus élevés que pour une échographie et provoquent un effet thermique très puissant (jusqu’à 90°C) pour nécroser la lésion. Pour positionner avec précision la sonde, le personnel médical dispose d’une plate-forme d’imagerie par échographie pour repérer le fibrome. L’idée est bien sûr de ne pas affecter les tissus alentours. La séance dure une heure et demie et entraîne une réduction du volume de l’adénofibrome de 60% en 6 mois. L’avantage : l’opération n’implique pas d’anesthésie générale et ne laisse aucune cicatrice. L’inconvénient : son coût qui oscille entre 1 500 et 2 500 € et n’est pas encore pris en charge par la Sécurité sociale.

Plusieurs témoignages de patientes satisfaites

Testé au CHRU de Lille Jeanne-de-Flandres, au CHU de Valenciennes et à l’Hôpital américain de Paris, cette technique semble être une réussite. Selon les témoignages de patientes qui l’on expérimenté, rapportés par le Dr Abehsera, l’adénofibrome devient plus souple et perd de sa grosseur de semaine en semaine. Libérées de ce poids, elle expliquent se sentir plus légères, aussi bien physiquement que psychologiquement. Déjà utilisés pour le traitement de certains cancers (prostate, foie, thyroïde), les ultrasons à haute intensité seront bientôt utilisés pour une majorité de tumeurs.

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Cette chronique « Bonne Nouvelle » a été diffusée le mercredi 13 février 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet. 

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.