Trans Oceanic Wind Transport : le renouveau du transport à la voile

Pour répondre aux défis énergétiques et climatiques, une start-up française, TOWT (Trans Oceanic Wind Transport), s’est lancée dans le transport de marchandises à la voile.

Le transport maritime représente près de 4 % des émissions mondiales de CO2, soit près de 3 fois les émissions de la France et 10 % des émissions mondiales de dioxyde de soufre, responsables des pluies acides. Extrêmement dépendant des énergies fossiles, ce secteur peine à apporter des réponses concrètes au défi énergétique majeur du 21ème siècle : la raréfaction voire l’épuisement des ressources pétrolières. Il est d’ailleurs fréquent de voir des porte-conteneurs et des navires à court de carburant, gigantesques colosses à l’abandon. Devant ce constat, Guillaume Le Grand, un économiste du développement durable, a fondé, en 2009, à Brest, TOWT pour prouver la viabilité économique et écologique du transport maritime à la voile.

Le passé a de l’avenir

TOWT travaille en particulier avec la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Scandinavie, « parce qu’ils sont très préoccupés par la question des énergies renouvelables ». L’entreprise compte une flotte d’une douzaine de voiliers et s’adresse à tous types de clients: producteurs, distributeurs ou simples citoyens. « Il nous arrive même parfois de déménager des gens ! », ironise Guillaume Le Grand. Mais ses voiliers transportent principalement des denrées alimentaires, comme de la bière bio anglaise, du vin bordelais et du rhum des Antilles, du savon du nord de l’Europe, du café, de la peinture ou encore du bois. Outre leurs vertus écologiques, l’avantage des voiliers réside dans leur côté pratique puisqu’ils parviennent à franchir des accès difficiles pour d’autres navires ou camions, aux Antilles ou en mer Baltique, par exemple.

Réduire l’empreinte carbone

Selon les distances, la réduction du bilan carbone peut dépasser les 90 % ! C’est le double avantage que propose TOWT à ses clients : un aspect pratique et un positionnement green. « Même si nos clients nous choisissent majoritairement pour le côté pratique, ils participent de facto à la transition énergétique sur les mers », explique Guillaume Le Grand. Mais « le problème, avec une technologie du 19e siècle, c’est l’impossibilité de réduire les coûts », car les bateaux de la compagnie – des gréements de 35 m – sont coûteux à l’achat comme à l’entretien et nécessitent un savoir-faire particulier. Résultat : un service 2 à 5 fois plus cher que par camion. « La seule économie véritable est celle du carbone. 1 kilo transporté sur 1 mile, c’est une petite victoire puisqu’on se passe déjà d’hydrocarbures. 30 tonnes sur 2000 miles, c’est une grande victoire ! »

Changer de cap

C’est ce changement de paradigme énergétique qui amène les clients de TOWT à prendre conscience de la finitude des énergies fossiles. « Notre travail, c’est d’abord des relations publiques et du marketing. Il faut commencer à véritablement envisager un futur (proche) sans pétrole. On propose une dé-corrélation du pétrole sur le transport maritime. » Depuis un an, TOWT caresse l’espoir de travailler avec la côte Est des Etats-Unis : New-York en ligne de mire. Une opportunité pour l’entreprise qui pourrait développer sa capacité logistique avec des chargements de plus de 70 tonnes. Pour Guillaume Le Grand, « le projet est en cours mais il faut attendre que tous les voyants soient au vert ». C’est le cas de le dire.

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Après un an passé en Irlande où elle obtient son bac à lauréat, elle revient en France où elle suit une année de lettres modernes à la faculté de Bordeaux. Depuis 2011 elle suit une formation de journaliste à Paris.