Tir du loup : trop de concessions

D’après un communiqué de France Nature Environnement

Est paru au Journal officiel du 5 juin 2009 l’arrêté qui définit les conditions encadrant les tirs du loup pour la saison 2009/2010. Il reprend les principales dispositions des années précédentes et conditionne toujours les mesures d’effarouchement et de tir à la mise en œuvre effective des mesures de protection des troupeaux, mais cet arrêté introduit de nouvelles possibilités que FNE juge inacceptables.

Red wolf
Creative Commons License photo credit: ucumari

Des tirs de loup même lorsque les troupeaux ne sont plus en alpage
Des tirs de prélèvement pourront être autorisés au-delà de la période de présence des troupeaux en alpage, c’est à dire en hiver. Cette disposition ne respecte pas l’esprit des dérogations qui veulent qu’un tir d’une espèce protégée doive se justifier par des dégâts. Elle s’apparente donc plus à une volonté de régulation de l’espèce que comme un moyen de protection des brebis, et de fait elle n’y contribuera en rien.

Des tirs de loup dans les nouveaux secteurs d’installation de l’espèce
Les tirs de loups sont autorisés dans les nouvelles zones de présence de l’espèce, comme le Cantal ou les Pyrénées-Orientales. Alors que l’espèce n’est pas encore installée, le bon sens voudrait que l’on mise sur la mise en place au plus vite des mesures d’effarouchement et de protection des troupeaux, du soutien logistique et technique des éleveurs plutôt qu’à des tirs qui visent en fait à limiter l’expansion géographique de l’espèce.

Il n’y a plus de quota

Il est donné la possibilité d’augmenter le quota par décision ministérielle s’il est atteint avant la fin du protocole. FNE rappelle que le quota est fixé selon des critères scientifiques basés notamment sur l’effectif de loups présents. Permettre son extension, c’est en fait supprimer le quota.
Enfin, FNE regrette que sans concertation préalable, le loup ait été retiré de la liste des espèces menacées. Cette décision ne constitue pas un bon signal pour le loup.
« Après la multiplication des actes de braconnage, FNE attendait de la part de l’État, une attitude courageuse avec un rappel fort et assumé de la protection du loup, indique Jean-David ABEL, en charge du dossier loup à FNE, au lieu de cela, l’État fait tout l’inverse en ne proposant que la destruction de loups et en s’engageant dans une stratégie de concession qui ne contribue pas à la sérénité».

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