Tilapia, le « poulet aquatique » nourri aux excréments de cochon

maxport$110165911Tilapia. Savez-vous vraiment ce qui se cache derrière ce nom ? Ce poisson d’élevage est en passe de devenir le plus consommé au monde. Même le WWF recommande d’en manger. Mais certains producteurs peu scrupuleux et courant après le profit n’hésitent pas à le nourrir avec… des excréments.

La dénomination de « Tilapia » fait référence à plusieurs poissons blancs appartenant à la famille des cichlidés. Il est souvent mis en avant comme poisson à privilégier, aussi bien du point de vue environnemental que de celui de la santé. Alors que de nombreuses espèces de poissons sont menacées d’extinction, acheter du poisson d’élevage permet de ne pas puiser dans les stocks. En plus d’être aussi pourvu en protéines que de la viande et d’être particulièrement riche en omégas-3, son goût très léger et sa faible quantité d’arêtes le font aimer même de ceux qui apprécient habituellement peu le poisson. C’est l’ensemble de ces éléments, ainsi que son prix bas, qui en ont fait, depuis 2004, la 2ème espèce la plus vendue de la planète, derrière la carpe, surclassant le saumon et la truite arc-en-ciel. Aujourd’hui, vous en trouvez au supermarché, frais ou surgelé, en filet ou dans des plats industriels, et il est très prisé des écoles et des hôpitaux.

tilapiaOriginaire d’Afrique, il est mieux adapté à un climat tropical et est surtout élevé en Amérique Latine et en Asie. La Chine, premier pays exportateur, assure la moitié de sa production mondiale. Mais les normes sanitaires y sont là-bas moins sévères que dans d’autres pays comme le Canada et les États-Unis. Ainsi, certains producteurs profitent que ces poissons soient omnivores pour les nourrir avec des excréments de porcs ou de volailles en lieu et place des préparations à base de céréales qui leur sont habituellement données. En réduisant de cette manière au minimum les coûts d’élevage des tilapias, déjà si bons reproducteurs et à la croissance si rapide qu’ils ont été surnommés « poulets aquatiques », ces producteurs font plafonner leurs profits. Mais cela n’est pas sans conséquences. En plus de contaminer les eaux, ces excréments rendent les tilapias extrêmement vulnérables aux maladies. Le silence des autorités sanitaires face à ce type de pratiques est assourdissant. Il n’y a de surcroît pas moyen pour le consommateur de faire le tri entre bons et mauvais tilapias puisque la traçabilité est à ce niveau inexistante.

1200px-Blue_TilapiaIl fallait déjà compter avec le mercure et les toxines, et voilà maintenant une nouvelle affaire ! Que faire alors ? Dans un premier temps, dites-vous qu’il y a à peine 50 ans, quasiment personne ne consommait régulièrement du poisson frais tout en habitant à des centaines de kilomètres de la mer. Le seul poisson alors disponible était le hareng saur, un simple hareng desséché. Ne faudrait-il donc pas réapprendre à consommer des produits locaux ? Si vous ne concevez pas de vivre sans manger du poisson frais régulièrement, voici nos conseils pour bien le choisir.

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A l'issue de sa prépa bio au Lycée Chaptal, à Paris, Arnaud intègre l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT). Avant de rejoindre Néoplanète, il a fait ses premières armes de journaliste à Ça m’intéresse et Science&Vie Junior.