Le thon rouge sort la tête de l’eau

©wikimedia thon rougeConsidéré comme une espèce menacée depuis les années 80, puis jugé au bord de l’extinction en 2008, le poisson préféré des japonais serait de retour dans nos océans. Explications.   

Le thon rouge est devenu au fil des années la pépite d’or des pêcheurs. Le 5 janvier 2013, un adulte de 222 kg s’était vendu 1,3 millions d’euros dans un marché à Tokyo. Pour un seul spécimen, les acheteurs asiatiques sont capables de débourser beaucoup d’argent. 80 % des thons pêchés dans le monde finissent au Japon. Un chiffre qui prouve à quel point les nippons sont friands de ce poisson.

Au début des années 2000, le thon rouge était tellement pêché que ça survie était mise en jeu. Les ONG, appuyés par les scientifiques, s’étaient aussitôt manifestées pour enrayer la surpêche de cet animal poussant à faire de nombreux efforts. Ainsi, en 2009 le prince Albert interdisait les restaurants monégasques à mettre du thon rouge à la carte. Les enseignes Auchan et Carrefour eux aussi arrêtaient la vente du « steak des mers ».

Le travail des ONG paie

Mais voilà, il semble que les efforts consentis aient payés.  Le comité annuel de la Commission de conservation des thonidés de l’Atlantique, chargé de faire respecter les directives pour la survie du thon rouge, a récemment communiqué de très bonnes nouvelles. «  Les mortalités dues à la pêche ont été, en 2011, inférieures au niveau maximal attendu pour une pêche durable. C’est la première fois depuis quinze ans, et cette remontée des effectifs va beaucoup plus vite que nous le pensions », s’enthousiasme le chercheur Jean-Marc Fromentin dans les colonnes de Sciences et avenir. Plus précisément, c’est le nombre initial de mâles reproducteurs qui pourrait être retrouvé d’ici 2022 si les efforts continuent.

Certains pêcheurs avouent d’ailleurs l’importance des pressions menées par les associations : « Il faut reconnaître que, d’une certaine manière, les messages et l’action des ONG pour réduire les quotas de prises nous ont sauvés, même si je ne l’avais pas compris à l’époque », concède Nicolas Giodano patron-thonier à Sète (Hérault).

Le regain du thon rouge ne veut pas pour autant dire que les efforts ne sont à poursuivre. Si justement les pêcheurs continuent à respecter les règles, nous pourront manger de ce poisson beaucoup longtemps.

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Après un passage à Paris-Normandie et au service politique de Nord Éclair, Grégoire Gantois, étudiant en journalisme à l'ISCPA, s'intéresse aujourd'hui à l'actualité écologique et environnementale à Néoplanète.