Maroc : Bienvenue en Terres d’Amanar

Marre des hôtels-clubs aseptisés, des cartes des restaurants en anglais et des visites de groupes ? À une trentaine de kilomètres au sud de Marrakech, au pied de l’Atlas marocain, le domaine de Terres d’Amanar donne rendez-vous à ceux qui veulent voyager autrement.

« Terres d’Amanar est une bulle d’air frais, sans télévision ni WiFi, se réjouit Jean-Pierre Champert, responsable des activités sur le site. Cela permet à chaque client de retrouver des libertés, de profiter d’un vrai momentde détente en pleine nature. » À quarante minutes de l’agitation frénétique de Marrakech, ce complexe hôtelier éco-responsable est labellisé La Clef Verte. Il est implanté dans un environnement préservé, à 1 200 m d’altitude, avec une vue époustouflante sur les cimes enneigées de l’Atlas et les collines verdoyantes du mont Toubkal.


Ici, pas d’hôtel clôturé, mais un domaine de 120 hectares ouvert sur l’extérieur et intelligemment intégré dans le paysage, avec des hébergements conçus dans le respect des traditions : bivouacs, tentes aménagées en semi-dur ou éco-lodges avec salon à la marocaine. « Toutes les constructions ont fait appel à des techniques locales, explique Thierry Tarot, directeur général de Terres d’Amanar. Nous avons utilisé le pisé et les briques  de terre comprimées, avec des matériaux typiques comme la paille et la chaux. » La décoration, elle aussi inspirée de l’esthétique berbère, a été réalisée avec les artisans de la vallée pour la ferronnerie, le travail du bois ou du cuir. Des savoir-faire ancestraux mis en valeur dans le village artisanal de la réserve naturelle. On y vend d’authentiques tapis laine tissés à la main, des poteries ou des sculptures en bois. Sans oublier les ateliers d’initiation, une invitation à découvrir l’artisanat local.

VIVE LE LOCAL !

Sur la centaine d’employés, presque tous sont ainsi originaires des douars avoisinants. « Nous avons élaboré des formations aux techniques d’accueil et d’encadrement sportif, souligne Thierry Tarot. Nous dispensons également des cours   d’alphabétisation gratuits deux fois par semaine. Ils sont suivis par trente salariés, qu’il s’agisse de gardiens ou de femmes de chambre. »


Derrière les fourneaux de Terres d’Amanar depuis un an, Nouredine Aichane, qui officiait auparavant dans un hôtel de luxe de la Médina de Marrakech, encadre une dizaine de femmes. « Je leur ai transmis de nouvelles compétences, se félicite-t-il. Elles ont, par exemple, appris  à concocter des buffets pour des groupes. »



Des pains aux tajines, tout est cuisiné avec des produits locaux. Un régal que l’on doit notamment à Habiba Iqich, la plus ancienne des cuisinières. « J’ai commencé à travailler ici après le décès de mon mari, raconte-t-elle.  C’est mon premier emploi. Avant, je ne cuisinais que chez moi, pour ma famille ! Je suis maintenant responsable des cuisinières, je gère l’équipe quand le chef n’est pas là. C’est une immense fierté pour moi ! »

Alentour, les paysages du Haut-Atlas, la verdure éclatante sur fond de terre rose de la vallée de l’Ounka, les petits villages nichés ça et là, le Parc national du Toubkal à la flore abondante… Une biodiversitéque l’on retrouve sur le site grâce à Fabrice Cuzin, botaniste féru de montagne, qui a inauguré, en mai dernier, une pépinière. « Ce sont des parcelles de régénération pour réintroduire des plantes endémiques de la région, telles que le qui est un buisson épineux aux fleurs pourpre et jaune vif, s’enthousiasme-t-il, ses jumelles vissées autour du cou. À terme, le but est de développer un sentier de découverte pour sensibiliser les touristes, notammentmarocains, à cette nature en mouvement. Je ne veux surtout pas d’un jardin exotique figé et gourmand en eau ! »

LE RESPECT DE LA NATURE

« Le hammam ne sera pas chauffé au bois, mais avec des briques de papier recyclé », prévient Thierry Tarot. Une idée verte qui renforce la politique environnementale de l’établissement : des panneaux solaires ont déjà été installésainsi qu’une station phytosanitaire. « Elle est composée de trois bassins avec des plantes filtrantes. Elle récupère 80 % de l’eau utilisée sur le domaine, de l’eau qui servira à nouveau pour l’arrosage et les sanitaires », ajoute-t-il.

Restaurer ce milieu naturel permet de recréer un habitat pour des espaces animales menacées, comme les rolliers, de jolis petits oiseaux multicolores. Des nichoirs vont êtreaménagés, cet automne, dans les pins d’Alep, ainsi que des abris à genettes et à chauvessouris. Grâce au jardin botanique, des soinsnaturels seront confectionnés pour le spa écolo, dont les portes devraient ouvrir en 2012.


Les crapauds et les couleuvres vipérines – des serpents non-venimeux – ne s’y sont pas trompés : ils ont élu domicile dans ces nouvelles aires de jeux aquatiques.


INFOS PRATIQUES


Comment s’y rendre ?
La compagnie Transavia dessert Marrakech au départ de Paris (à partir de 85 TTC pour un aller simple) et de Nantes (à partir de 75 TTC pour un aller simple). Réservation sur www.transavia.com ou au 0 892 058 888 (0,34 /min).




Terres d’Amanar, route d’Asm, Tahannaout
À partir de 60 , la nuit en tente-lodge, et de 140 en lodge pour deux personnes. Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans. www.terresdamanar.com et 00 21 20 524 438 103.

© PHOTOS : FABIENNE BROUCARET/PATRICK FORGET – SAGAPHOTO.COM

Article paru dans le Néoplanète n°23 octobre 2011



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