Le néo-survivalisme : la survie au service de la nature ?

Dans l’imaginaire collectif, le survivalisme est une pratique marginale de la société.

Le terme évoque bien évidemment l’idée d’une personne étrange, vivant dans un bunker. Elle se préparerait à l’apocalypse, accumulant des conserves et des armes pour se défendre contre une horde de morts-vivants. Néanmoins, depuis son avènement dans les années 1970, le mouvement a pris une tournure bien différente. De nos jours, il a même été entièrement repensé, et adapté à des convictions plus modernes. Ceux qui se considèrent comme néo-survivalistes sont, en effet, loin des personnages patibulaires que nous imaginons. Ils se préparent, certes, mais pas nécessairement à une attaque zombie ou une guerre nucléaire. Aussi, au-delà d’une vision plus réaliste, leur mode de vie est également bien plus écoresponsable. Retour sur ce courant bien plus écologique qu’il ne semble l’être.

Se préparer… au possible ?

Le néo-survivalisme est bien différent du mouvement qui est né dans les années 1970. À l’époque, le monde était plongé dans la Guerre Froide, opposant les États-Unis à l’Union Soviétique. Si aucune bataille n’a eu officiellement lieu, les populations craignaient toutes qu’une de ces deux puissances ne décide d’anéantir l’autre avec une nouvelle arme : la bombe nucléaire. Les dégâts causés par l’arme atomique durant la Seconde Guerre Mondiale étaient suffisants pour témoigner de son aspect terriblement destructeur. Aussi, de nombreux Américains ont décidé de se préparer à cette lourde éventualité. Construisant des bunkers, ou reprenant ceux bâtis durant la guerre, ils ont commencé à organiser leur vie autour d’un potentiel scénario apocalyptique. Faisant des réserves, achetant des armes, leur existence s’est alors entièrement concentrée sur un seul objectif : la survie en cas de guerre nucléaire, ou de toute autre catastrophe planétaire.

Évidemment, depuis les années 1970, la Guerre Froide est loin derrière nous. De multiples conflits secouent encore les pays, mais ne semblent pas aussi alarmants que celui-ci. Toutefois, ces dernières décennies ont mis en avant de grandes catastrophes naturelles causant de lourdes pertes humaines et matérielles. Ainsi, le scénario apocalyptique survivaliste ne parait pas si absurde. Mais les nouveaux adeptes de ce mouvement ne vivent pas reclus en espérant pouvoir tuer des zombies ou survivre à des rayons gamma. Ils sont plutôt réalistes quant à la possibilité de devoir se débrouiller en cas de cataclysme. Pandémie mondiale, effondrement de l’économie, tremblements de terre, tsunamis et tornades. Voilà les nouvelles inquiétudes des néo-survivalistes. De ce fait, leur mode de vie se focalise plus sur l’indépendance énergétique que sur l’idée de devoir anéantir des morts-vivants désireux de nous dévorer.

Un état d’esprit plus écoresponsable ? 

Il est évident que la question se pose autour du survivalisme moderne et de son lien à l’écologie. En fait, ce nouveau mouvement se tourne plus vers un désir d’indépendance et un retour à la nature. Les néo-survivalistes, dans leur idée de survivre en cas de catastrophe, tendent à se détacher de la société capitaliste.

Par exemple, ils apprennent à construire des puits, cultiver leurs propres légumes, voire créer leur propre source d’électricité. Leur objectif est de ne plus dépendre des institutions ni de l’économie. Car, selon eux, si ces dernières s’effondrent, les populations se retrouveront démunies, sans nourriture, eau potable ou électricité.

Apprendre à devenir indépendant sur le plan énergétique et alimentaire est donc essentiel pour survivre en cas de cataclysmes de ce genre. Mais, cela contribue évidemment à réduire notre empreinte écologique.

En effet, les néo-survivalistes se détachent des problèmes environnementaux causés par notre société. Cela se traduit naturellement par leur mode de vie plus ancré dans le nécessaire que dans le superflu. En ne dépendant plus de l’économie et du monde capitaliste, ils apprennent à consommer de manière plus responsable. Ils ne puisent, par exemple, que l’eau dont ils ont besoin.

De la même manière, ils ne participent pas à l’agriculture massive, et cultivent uniquement ce qu’ils vont manger. Lorsqu’ils pêchent ou chassent, ce n’est que pour leurs propres repas et non par plaisir. En somme, ils développent une relation plus équilibrée avec la nature. Ils se contentent des ressources dont ils ont profondément besoin, et n’essaient pas d’abuser de ce qu’elle nous apporte.

Leur mode de vie est donc profondément écoresponsable, puisqu’il tend à entretenir une certaine harmonie avec notre environnement. En plus, avec l’urgence climatique actuelle, il est évident qu’apprendre à devenir plus autonome est un geste nécessaire pour notre planète.

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