Le smartphone : nouvelle arme contre la surpêche

©wikimediaLutter contre la pêche excessive à l’aide de son smartphone ? C’est désormais possible grâce à une application lancée par un développeur français qui  permet de tout savoir sur les poissons commercialisés. Alors espèce menacée ou pas ?

[audio:http://www.neo-planete.com/wp-content/uploads/2013/04/Une-application-contre-la-surpeche-124152219.mp3|titles=Une-application-contre-la-surpeche]

L’idée vient de la société française Omnicia, développeur d’applications et de sites web. Leur dernière invention : l’application « Fish Infos » sur Androïd, qui permet aux utilisateurs de smartphone et tablettes de tout savoir sur le poisson qu’ils mangent ou qu’ils s’apprêtent à acheter, que ce soit au supermarché ou chez le poissonnier. Le concept contient une liste des espèces commercialisées, leur origine, les quantités pêchées et les menaces pesant sur chacune d’elles. Elle donne des informations de base sur les poissons comme la répartition, le milieu de vie et de production, l’état stocks et indique ceux que l’on peut consommer ou non, selon l’impact de la pêche industrielle sur les ressources marines.

Une centaine de poissons, coquillages et crustacés sont présentés sous forme de fiches pratiques. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), 80% des stocks de poissons sont entièrement exploités ou épuisés. Particulièrement les gros poissons prédateurs comme le thon, l’espadon, le requin ou encore la morue.

« Il n’est pas trop tard »

Malgré ces chiffres inquiétants, le déclin des ressources halieutiques n’est pas irrémédiable. « Il n’est pas trop tard pour reconstituer les stocks de poissons », titrait récemment un article du Monde. D’après les travaux de scientifiques américains, publiés leurs dans la Revue Science de septembre 2012,  la plupart des poissons n’ont pas atteint le point de non-retour, c’est-à-dire le point qui empêche d’assurer la régénération des espèces. Et les grandes institutions internationales ont déjà commencé à se bouger, à imposer des quotas qui évoluent chaque année. Depuis 2013, par exemple, les quotas de hareng ont diminué de 30% dans les eaux que se partagent le Danemark et la Suède. L’objectif est de préserver la biodiversité marine tout en permettant à la filière de la pêche, qui fournit chaque année quelque 6,9 millions de tonnes de poisson et emploie plus de 400 000 personnes, de se développer.

©wikipediaA chaque poisson sa catégorie

Le guide des produits de la mer du WWF classe poissons, coquillages et crustacés en trois catégories. La catégorie : « A éviter » pour les espèces en surpêche, comme le cabillaud, l’espadon, le thon rouge. La catégorie « A consommer avec modération » pour les espèces à problèmes comme le thon albacore, le calamar ou les  coquilles St Jacques. Et la catégorie « A privilégier » pour celles qui ne sont pas menacées c’est-à-dire les huitres, les moules, les maquereaux ou encore les sardines.

Cette chronique « Environnement » a été diffusée mardi 16 avril 2013 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète les chroniques « Bonne Nouvelle » et « Environnement » de Yolaine de la Bigne, enrichies de photos, de vidéos et de liens internet.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.