Mode : les alternatives si la fourrure vous hérisse le poil

Comment faire si l’on aime la fourrure mais que l’on ne supporte pas de savoir des animaux élevés et tués dans d’atroces conditions ? Existe-t-il des alternatives ? Pas évident…












LA FAUSSE FOURRURE

Certes, les modèles sont de plus en plus beaux, mais ils sont confectionnés avec de l’acrylique, une fibre synthétique élaborée à partir de la pétrochimie ! Malheureusement, « l’alternative soie ou coton n’existe pas. Pour l’heure, l’acrylique seulement permet de fabriquer cette fibre qui ressemble tant à la vraie fourrure », regrettent Johanne Sibony et Lisbel Sibony-Mayaux qui ont lancé, en 2008, Mademoiselle Pimpante, une jeune marque qui concilie la mode Avant Garde, avec l’éthique du respect des animaux.  Face aux détracteurs de la fausse fourrure, ces deux sœurs végétariennes mettent un point d’honneur à faire fabriquer leurs créations dans des usines françaises et belges, certifiées Ecolabel, pour réduire l’empreinte écologique. Une empreinte loin d’être neutre pour la fourrure naturelle, si l’on prend en compte l’élevage des animaux, l’abattage, le transport…

LE RECYCLAGE VINTAGE

Faire transformer le manteau de sa grand-mère par un fourreur est une solution. Harricana en a même fait sa spécialité et utilise d’anciennes fourrures pour réaliser vestes, capuches, gants, sacs ou bottes de ski. L’entreprise québécoise recycle aussi bien l’hermine, le lynx, l’écureuil, le renard que le coyote, ce qui lui a permis d’épargner la vie de plus de 650 000 animaux. L’argument semble plaire, puisque, parmi ses clients, on trouve Jeanne Moreau, Johnny Depp ou Johnny Hallyday. Harricana, qui se définit comme la première marque « éco-luxe » au monde, commercialise aujourd’hui ses articles dans quinze pays, dont la France.

LE RAGONDIN, UNE NOUVELLE MODE ?

C’est au début du XIXe siècle que ce rongeur, originaire d’Amérique du Sud, a été introduit aux États-Unis, puis en France, pour sa fourrure brune et soyeuse. Herbivore, l’animal s’adapte rapidement à son environnement, d’où sa multiplication rapide, notamment sur le sol américain. Mais suite à l’effondrement du marché de la fourrure dans les années 1980, ce mammifère a commencé à menacer l’écosystème des marais du sud de la Louisiane. Chassé et souvent abandonné mort au milieu des bayous, celui que l’on nomme aussi le castor des marais est devenu une alternative écologique pour les créateurs de mode. Gants, doublures, cols… Même ses dents sont utilisées comme bijoux !

ET SI JE PORTAIS DU LAPIN ?

Outre son prix abordable, nombreux sont ceux qui pensent qu’il est d’abord abattu pour sa chair. Faux !
Le lapin exposé dans les vitrines, sous forme d’écharpes, de chapkas ou de manteaux (il en faut au moins vingt-cinq pour créer une veste !),
n’atterrit pas forcément dans votre assiette. Pourquoi ? Son élevage industriel produit principalement trois races : d’abord, les lapins blancs (de Nouvelle-Zélande et de Californie) qui sont traditionnellement élevés pour leur viande. Jusqu’à présent, leur fourrure n’attisait pas encore
les convoitises, mais, suite à une demande grandissante, la donne est en train de changer. Le Rex, lui, est élevé spécifiquement pour sa fourrure, plus veloutée, et son pelage, plus épais. Le Rex Castor est marron et le Rex Chinchilla arbore la même couleur que l’animal dont il porte le nom, avec du blanc sur le ventre. Enfin, l’Orylag® a été obtenu génétiquement par l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Cette espèce, uniquement produite dans notre pays, donne une fourrure de grande qualité. « La coopérative, qui a été fondée pour gérer les vingt élevages d’Orylag® existant en France, est détentrice de deux brevets : la fourrure Orylag® et la viande appelée Rex du Poitou, d’après la région où ils sont élevés. 100 000 lapins Orylag® sont tués et dépecés chaque année, pour un chiffre d’affaires annuel de 3 millions d’euros. De grandes maisons, telles que Fendi, Dior, Chanel, Hermès ou Dolce & Gabbana, font appel à cette coopérative », explique Coalition to Abolish the Fur Trade dans un rapport intitulé La Réalité de l’élevage commercial de lapins en Europe.

Il n’en reste pas moins que, dans ces élevages industriels, les lapins souffrent à cause des méthodes pratiquées. Ils vivent isolés, dans des cages grillagées minuscules (leur surface équivaut à celle de deux boîtes à chaussures !), pour éviter qu’ils n’abîment leur peau, alors que ce sont des animaux très sociaux. Les lapins blancs, eux, sont entassés dans plusieurs cages ; une promiscuité qui provoque des agressions entre eux. Quant aux lapines reproductrices, elles sont inséminées artificiellement à forte cadence et se voient retirer leurs lapereaux trop rapidement. Et quid de l’abattage ? Après avoir été assommés, les lapins, qui restent souvent conscients, ont la gorge tranchée. Leurs peaux arrachées, puis séchées sont envoyées en Chine notamment, pour y être tannées. Vous l’aurez compris, peu de choix s’offrent aux amateurs de fourrure sensibles à la cause animale. Tout reste une question d’éthique personnelle. Et un manteau de flanelle ou de laine, finalement, c’est si beau !

BRAVO ! À TOUTES CES ENSEIGNES ET CES MARQUES SANS FOURRURE EN FRANCE…

2xMoinsCher.com, Adolfo Dominguez, American Apparel, Bershka, Bleu Bonheur, C&A, Camaïeu, Caroll, Decathlon, Escada, Esprit, Filippa K, Fjällräven, Gémo, H&M, Helly Hansen, Jack Wolfskin, J. Lindeberg, La Redoute, Lacoste, Massimo Dutti, Mim, Peak Performance, Pimkie, Polo Ralph Lauren, Promod, Pull&Bear, Stella McCartney et Stradivarius.
Et bientôt… Etam. Suite à la mobilisation de la fondation Brigitte Bardot, l’enseigne a pris la décision, en février 2011, de bannir la fourrure de tous ses magasins. À suivre.

… ET À TOUS CES CRÉATEURS QUI REFUSENT D’EN UTILISER DANS LEURS COLLECTIONS !

Stella McCartney, Calvin Klein, Ralph Lauren, Vivienne Westwood, Jay McCarroll, Tommy Hilfiger, Franck Sorbier, Laure K, Véronik M, Mouléchic et Gabrielle Loodts.


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Emilie Villeneuve

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com. Elle intègre la rédaction de Néoplanète en avril 2011 dont elle est aujourd'hui la rédactrice en chef adjointe du site et de la webradio. Elle fait également partie de l'équipe de "Bougez Vert", émission diffusée sur Ushuaïa TV.