Ségolène royalement pro-nucléaire !

Vive la transition énergétique … vers le nucléaire ! Grande avocate des énergies renouvelables et toujours ministre de l’écologie mais aussi de l’énergie, voilà Ségolène Royal qui ouvre l’année en annonçant que la France devait construire au moins deux nouvelles centrales nucléaires !

credit wikipedia

  • Foin des économies d’énergie et de l’efficacité énergétique, la ministre veut donc « programmer la construction d’une nouvelle génération de réacteurs, qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées ».

 

  • La future loi sur la transition énergétique prévoit de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% en 2025, mais à un niveau égal à celui d’aujourd’hui, soit 63 gigawatts. Donc en préjugeant que la consommation d’électricité continuera à croître sans répit, ce qui est la thèse d’EDF et de technostructure qui a le nucléaire collé à la peau.

 

  • En revanche, deux « vieux » réacteurs (dont celui de Fessenheim) fermeront dès que le fameux EPR de Flamanville commencera à produire, donc pas avant 2017 si tout va bien. Initialement, ce réacteur devait entrer en fonction fin 2013 pour un coût de 3,3 milliards d’euros.

 

  • La note est déjà passée à 8,5 milliards et dépassera sans doute 10 milliards d’euros au bout du compte. En Finlande, l’EPR d’Olkilouoto accuse 9 ans de retard et son opérateur – TVO – va devoir faire des coupes budgétaires en raison des retards nucléaires… et de la concurrence des énergies renouvelables, selon le site du « Journal de l’énergie ».

 

  • Ce n’est pas tout : EDF doit investir 55 milliards d’euros d’ici à 2025 pour l’entretien de ses centrales dans le cadre d’une remise à niveau de la sécurité de ses réacteurs, selon les critères post-Fukushima.

 

  • EDF imagine donc, et la ministre en tête, que la vie de nos réacteurs (il y en a 58) sera prolongée au-delà de 40, 50 et pourquoi pas 60 ans, au risque d’une panne ou d’un accident majeur. Or cette décision appartient à la seule Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

 

  • Quant aux futurs réacteurs dont rêve Mme Royal, il faudra qu’ils bénéficient d’un prix d’achat du mégawatt/heure d’électricité au-delà de 100 euros, selon Reuters, qui cite l’analyste Mark Lewis. Pour la centrale anglaise Hinkley C dont il sera l’opérateur, EDF doit bénéficier d’un prix garanti de 119 euros par MW/h durant 35 ans, soit « plus du double du prix actuel du marché », selon le même analyste. Cherchez l’erreur, d’autant que la rentabilité des énergies renouvelables (solaire et éolien) ne cesse de baisser.

 

Le président Hollande a appelé à un développement de la démocratie participative. Très bien pour Sivens, mais voilà une bonne occasion de l’exercer. Pour la ministre, la polémique « n’a pas lieu d’être ». Il faut, dit-elle, « penser la demande nucléaire de manière intelligente dans un contexte de mix énergétique ». Pourquoi pas un référendum ?

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.