Scandale : le braconnage de l’ortolan toujours autorisé dans les Landes

Il est sur la liste rouge des espèces menacées en France, mais l’ortolan est toujours victime du braconnage dans les Landes, où une tolérance préfectorale orale est en vigueur depuis 10 ans. Néoplanète est révolté.

« Si l’Etat ne fait pas respecter le Droit, la chasse au Bruant ortolan s’arrêtera quand l’espèce, malheureusement, aura totalement disparu », s’insurge Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Et il y a de quoi s’inquiéter. D’après l’association, à chaque saison (entre mi-août et mi-septembre), 30.000 ortolans sont capturés et souvent vendus (jusqu’à 100 € après engraissement) pour être consommés dans le Sud-Ouest.

Comment faire cesser ce massacre ?

De nombreuses associations, comme la CABS – Committee Against Bird Slaughter – (cf vidéo ci-dessous) et la LPO, lancent des opérations de sauvetage non sans risques. Récemment, une équipe de la LPO a été « prise en otage par les chasseurs de la commune de Campagne » et a finalement libérée « par l’intervention de la gendarmerie, sous les insultes et les menaces de mort ». Un autre incident est survenu près de la ville de Campagne, où les quatre pneus d’un véhicule du CABS ont été lacérés.

La solution pour ces associations est de faire réagir à l’échelle européenne. Un soutien d’autant plus légitime qu’il s’agit d’une espèce « grande migratrice » et que le Conseil de l’Europe a rappelé en décembre dernier, dans une actualisation de la Convention de Berne (relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe), que les États devaient mener une politique sans faille de protection contre tout acte de destruction délibérée. Le Bruant ortolan est une espèce en fort déclin en France et en Europe pour deux raisons : une chasse abusive (en particulier dans les Landes) et l’agriculture intensive qui a provoqué une réduction des habitats donc des lieux de nidification. Il a été classé ‘espèce protégée’ par arrêté du 5 mars 1999 et figure à l’annexe I de la Directive européenne Oiseaux.

Notre ministre de l’Écologie, Delphine Batho, semble être prête à résister aux lobbies. Le 10 juillet dernier, elle avait nomment rendez-vous avec Henri Emmanuelli, député des Landes, et Jean-Louis Carrère, sénateur des Landes, qui suggéraient de créer un droit de chasse spécifique. La ministre, opposée à cette proposition, a subi les foudres des 2 élus. D’après le Canard enchaîné, Jean-Louis Carrère, en colère, aurait répondu : « Dis-toi que si tu es ministre, c’est grâce à des militants comme nous ! » Chapeau bas, madame !

 

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