Pourquoi sauver les peupliers français ?

peupliers credit phovoirLe peuplier est depuis toujours un élément constitutif des paysages français. Et la FAO vient de le décréter « arbre du 21ème siècle »

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Version écrite de la chronique, collaboration Nathalie Cayzac

Une bonne nouvelle pour nous car la France en est le premier producteur européen de peupliers et le deuxième mondial derrière la Chine ! Sa transformation génère dans notre pays 20 000 emplois non délocalisables car la demande, très stable, est très majoritairement nationale. Et les usines de traitement se situent pour des raisons pratiques et économiques évidentes à la fois près des peupleraies et près des acheteurs de bois transformé.

Quelles sont les qualités de ce bois de peuplier pour justifier la décision de la FAO ?

D’abord, il est très peu énergivore en eau. Ensuite il est très léger et robuste en même temps ce qui est idéal pour les emballages alimentaires comme les cagettes, les bourriches ou les fameuses boîtes de camembert. Naturel et très résistant à l’humidité il permet une bien meilleure conservation des aliments, et il est en plus biodégradable et recyclable ; par ailleurs il est très apprécié pour le fret, où la notion de poids est primordial… l’idéal, quoi ! Et puis bien sûr on en fait un excellent contreplaqué.

Le Conseil national du Peuplier lance un cri d’alarme !

Car on ne plante plus assez de peupliers : 750 000 plants/an soit la moitié des besoins en bois pour les années à venir, on va vers une pénurie généralisée à l’horizon 2020 c’est-à-dire demain. Les raisons de ce drame pour la populiculture et les emplois qui en découlent sont multiples mais la principale est que les peupleraies appartiennent à de tout petits propriétaires, ils sont près de 170 000 et détiennent en moyenne chacun un peu plus d’1 ha : autant dire qu’il est très difficile de les fédérer. Mais la filière dans son ensemble ne se laisse pas abattre et se prend en charge : elle vient de mettre en place la charte « Merci le Peuplier » au niveau national afin d’inciter les propriétaires à replanter en les rémunérant à raison de 500 euros par hectare avec des réductions sur l’achat des tiges… Une opération qui a fait ses preuves depuis 2011 en Pays de Loire et en Bretagne et qui commence à intéresser les élus d’autres régions… Et c’est tant mieux car vous imaginez un camembert dans une boîte en plastique ?!!!

La chronique « Quelle Époque Éthique » de Yolaine de la Bigne sur ce sujet a été diffusée mercredi 28 mai 2014 sur Europe 1. Retrouvez chaque jour sur Néoplanète ses chroniques « Bonne Nouvelle » et « Quelle Époque Éthique », enrichies de photos, de vidéos et de liens Internet.

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Yolaine De La Bigne

Femme en or de l’environnement en 2007, journaliste de presse écrite et radio, auteur de plusieurs livres, elle a été une des premières « rurbaines » à habiter entre Paris et la campagne. De sa collaboration avec Nicolas Hulot pour Ushuaia et Allain Bougrain Dubourg, en passant par le prix Terre de Femme de la Fondation Yves Rocher, la création de Fêt Nat’ en 2006 ( fête de la nature et de l’écologie ), Yolaine renforce son engagement personnel à travers le lancement de l’agence de presse Kel Epok Epik et de Néoplanète.