Sauver l’éléphant d’Afrique, c’est possible

Flickr  Derek Keats African Elephant, Loxodonta africana - up close and personal in MapungubweLa France s’est enfin décidée à détruire ses stocks d’ivoire saisis et de vraies mesures ont été annoncées pour enrayer le braconnage et le trafic international d’ivoire qui menace la survie même des éléphants.

Des mesures dissuasives ont en effet été décidées lors d’un sommet de 30 pays « pour sauver l’éléphant d’Afrique » qui vient de se tenir au Botswana sous l’égide de l’UICN (Union mondiale pour la nature). Ces mesures d’urgence de « tolérance zéro » contre les « criminels de la faune » visent à renforcer les législations existantes des pays concernés et les moyens de lutte contre le braconnage grâce à une meilleure coordination.

Flickr karen_neohLes pays africains les plus concernés  par le braconnage (Gabon, Kenya, Niger, Zambie, Tanzanie), les pays de transit de l’ivoire (Kenya, Malaisie, Philippines et Vietnam) se sont engagés à considérer le trafic d’espèces sauvages comme un « crime grave » et à renforcer leur arsenal juridique. Quant aux principaux pays consommateurs (Thaïlande, Chine), ils se sont engagés à pénaliser le trafic et à décourager la consommation.

De son côté, la France s’est engagée à détruire tous les stocks d’ivoire qui dorment dans les muséums ou les douanes. Le chiffre de 3 tonnes a été avancé mais les stocks attendraient plusieurs dizaines de tonnes. Les amendes contre les trafiquants seront décuplées, passant de 15.000 à 150.000 euros. En octobre, les Etats-Unis avaient détruit 5,4 tonnes d’ivoire illégale saisie depuis 25 ans.

Flickr USFWS Mountain Prairie

Selon l’association Robin des Bois, les saisies opérées à travers le monde en 8 mois de 2013 équivalent à 4.900 éléphants et ne représenteraient que 10% du trafic illicite.

Pour la seule année 2011, 25.000 éléphants ont été tués sur une population de 500.000 individus (contre 1,2 million en 1980). En 2012, 22.000 pachydermes ont été abattus. Le trafic des espèces menacées est un des plus rentables après la drogue et les armes.

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Yves Leers

Journaliste spécialisé dans les questions d’environnement (AFP), conseil en développement durable (L’Atelier du climat), ex responsable de la communication et de l’information de l’ADEME.