Des plantes anti-gueule de bois !

Comment faire pour aborder les fêtes de fin d’année où partage rime avec breuvage ? Ici, comme dans bien des cas, les plantes que nous croisons chaque jour peuvent nous aider à franchir ce cap la tête haute, pour rentrer dans la nouvelle année les idées claires. par Jean-Pierre Nicolas*.

Quelques semaines avant les agapes, le chemin à suivre est celui du potager vers l’assiette. La cuisine est l’endroit stratégique pour préparer notre foie à affronter les excès de fin d’année.

On y apportera les plus belles chicorées car leurs racines torréfiées, ajoutées au café ou non, permettent de concocter une excellente boisson, idéale pour tonifier et préparer votre foie. Pour ceux qui préfèrent la salade, on la trouvera sous la forme d’endives et de scaroles, rouge de trévise ou barbe de capucin. Dans le même registre, on pourra opter pour les salades de pissenlits, même si elles sont rares à cette époque de l’année.

Crapaudine et rouge d’Égypte

Les betteraves ne sont pas en reste. À partir de l’espèce sauvage, nos ancêtres ont abouti, entre autres, à notre betterave rouge qui se décline sous différentes variétés : crapaudine, longue et sucrée, de Poitou Charente, rouge noir plate d’Égypte, rouge ronde de Détroit, etc. C’est un délice et une bonne amie pour votre foie.

Utilisez de la menthe, du romarin pour vos tisanes et intégrez du curcuma dans vos plats. Vous serez fin prêts pour affronter des soirs de fêtes joyeux et arrosés. Mais s’il y a abus, malgré la soupe à l’oignon, votre foie se mettra en grève.

Heureusement, en prévision de ces temps difficiles, vous aviez mis de côté des bottes de poireaux, mons-trueux de Carentan, jaune gros du Poitou ou bleu de Solèze, qu’importe la couleur, le bouillon est vite fait, vite bu. Et salutaire. Les brumes s’estompent et la lumière devient suppor-table. Doucement, vous préparerez un jus de radis noirs. Vous l’avalez sans éviter une grimace… et là l’espoir reviendra. Une petite tisane de boldo et la vie reprend des couleurs. Ouf ! Vous avez échappé à l’amertume des feuilles d’artichaut, de fumeterre et de racines de rhubarbe.

Notre patrimoine culturel

La santé de notre organisme rejoint la biodiversité dans notre assiette. Grâce à la science des jardiniers et à notre culture horticole et culinaire, notre pays compte des centaines de variétés de fruits et légumes… que nous négligeons ou ignorons. Sans la vigilance de jardiniers passionnés et le combat de certaines associations, ce patri-moine de l’humanité que sont ces variétés potagères serait mena-cé de disparition. En fait, notre cuisine est le prolongement de notre potager. À l’instar de la planète, quand ce laboratoire s’allie à la bio-diversité, il est un gage de santé.

* Président de l’association Jardins du monde.

www.jardinsdumonde.org


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